"Nous sommes tous en danger" : à Kaboul, la peur des Afghans qui tentent de quitter le pays avant le 31 août

Le président américain Joe Biden ne va pas prolonger le délai de retrait des troupes américaines après le 31 août, malgré les pressions du G7. Il ne reste donc que quelques jours pour évacuer de Kaboul plusieurs milliers de personnes.

Article rédigé par
Clémence Pénard - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Une évacuation organisée par l'armée américaine sur le tarmac de l'aéroport de Kabul le 23 août 2021. (SAMUEL RUIZ / US MARINE CORPS / AFP)

La date butoir du retrait américain de l'aéroport de Kaboul reste le 31 août comme le maintient le président américain Joe Biden. Mais des milliers d'Afghans, qui tentent de fuir leur pays, sont toujours bloqués à Kaboul.

C'est le cas de Gul Chaman. Il y a encore quelques semaines, elle travaillait pour le ministère de la Culture. Elle fait aussi partie des Hazaras, une minorité ethnique en Afghanistan, persécutée et torturée, à répétition par les talibans dans le passé. Aujourd'hui, Gul Chaman fête son vingt-septième anniversaire, désespérée : "Les talibans vont me tuer et tuer ma famille. Mon père faisait partie de l’armée, mon frère aussi. S’il vous plaît, aidez-moi, j’ai besoin de votre aide. S’il vous plaît."

La crainte de représailles

Mohammed, 39 ans, a lui une femme et quatre enfants. Il travaillait pour le département de santé publique de la région du Bamyan. "Je n’ai pas les papiers qu'il faut pour partir", raconte ce père de famille. "Je pense vraiment que tout ceux qui ne se sentent pas en sécurité devraient être évacués, pas que ceux qui ont aidé les Américains. Nous sommes tous en danger. J’ai entendu que les talibans n’accepteraient pas d’étendre l’échéance du 31 août, c'est très triste. Ma peur c'est que, quand les talibans seront seuls, la première chose qu’ils vont faire, c’est d’exécuter des gens."

"C’est certain, je ferai partie de ces personnes exécutées."

Mohammed,

à franceinfo

Shakira, étudiante de 21 ans, a tenté plusieurs fois d'entrer dans l'aéroport de Kaboul, sans succès. "Personne ne sait ce qui va se passer après le 31 août", s'inquiète la jeune femme. "Comme j’ai étudié à l’Université américaine, je suis en grand danger, ainsi que ma famille. Ma sœur aussi, qui est journaliste, elle a reçu des lettres de menaces à son bureau." Shakira confie : "Nous avons peur et nous faisons de notre mieux pour trouver une façon de fuir l’Afghanistan."

Gul Chaman, Mohammed et Shakira se cachent, à Kaboul, en attendant désespérément de pouvoir monter dans un avion.

Le désespoir d'Afghans coincés à Kaboul. Des témoignages recueillis par Clémence Pénard.
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