La sécheresse pousse des Afghans pauvres à vendre leurs enfants, selon l'Unicef

Ils espèrent ainsi rembourser leurs dettes ou avoir suffisamment d'argent pour s'aprovisionner en nourriture. Le phénomène reste néanmoins marginal, avec 161 enfants vendus en quatre mois. Mais selon l'Unicef, au moins 3 millions d'Afghans sont en situation d'urgence alimentaire absolue et risquent la famine.

Une famille afghane dans un camp de réfugiés, dans la province d\'Herat (Afghanistan) le 14 octobre 2018.
Une famille afghane dans un camp de réfugiés, dans la province d'Herat (Afghanistan) le 14 octobre 2018. (MOHAMMAD ISMAIL / REUTERS)

Ils "vendent" leurs enfants, surtout leurs filles, pour rembourser des dettes ou acheter de la nourriture. Alors que l'Afghanistan traverse la pire sécheresse depuis plusieurs décennies, due au manque de pluie et de neige l'hiver dernier, au moins 161 enfants, dont six garçons, ont été "vendus" sur une période de quatre mois, alerte l'ONU, mardi 27 novembre.

Selon les Nations unies, au moins trois millions d'Afghans (sur 34 millions d'habitants) sont en situation d'urgence alimentaire absolue et risquent la famine.

"Le mariage des enfants enraciné en Afghanistan"

Ces "ventes" ont eu lieu dans les provinces afghanes de Herat et de Badghis, dans l'ouest du pays. Ces enfants ont entre 1 mois et 16 ans, a spécifié une porte-parole du Fonds des Nations unies pour l'enfance, l'Unicef. Certains ne sont que des bébés, mais sont déjà fiancés, détaille une porte-parole de l'Unicef. S'exprimant en marge d'une Conférence sur l'Afghanistan à Genève, elle a déclaré que les enfants qui avaient été interrogés entre juillet et octobre avaient été "fiancés, mariés ou ... vendus car leurs parents étaient endettés".

"La pratique du mariage des enfants est en quelque sorte une norme sociale enracinée en Afghanistan", avec 35% de la population qui observe cette pratique dans tout le pays, et jusqu'à 80% dans certains endroits, a ajouté la porte-parole. Présents à Genève pour cette conférence, des membres de la société civile afghane ont fait part de leur consternation face à ce phénomène de jeunes filles "vendues".