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Afghanistan : "L’État vise à invisibiliser" les migrants installés à Paris, dénonce l’adjoint à la mairie Ian Brossat

L'adjoint en charge du logement affirme que la mairie de Paris est "disposée à créer des places d’hébergement supplémentaires".

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Radio France
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Ian Brossat, porte-parole du Parti communiste français, et adjoint à la maire de Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)

Les exfiltrations depuis l'Afghanistan se poursuivent. Certains, arrivés en France, sont considérés comme persona non grata. Chaque soir, des demandeurs d'asile sont repoussés par la police et évacués de Paris, repoussés en Seine-Saint-Denis, à quelques dizaines de mètres plus loin. Et le responsable de cette situation, pour Ian Brossat, c’est "le ministère de l’Intérieur". Sur franceinfo vendredi 20 août, le porte-parole du PCF estime que la politique de l’Etat "vise à invisibiliser ce sujet". Egalement adjoint à la mairie de Paris, en charge du logement, il assure que la Ville de Paris est "disposée à créer des places d’hébergement supplémentaires", mais, à condition, selon lui, "que l’Etat le veuille".

franceinfo : Comment expliquer, au moment même où l'on parle d'accueillir des réfugiés afghans dans toute la France, que ces demandeurs d'asile-là, qui sont déjà sur notre territoire, soient repoussés chaque soir ?

Ian Brossat : Il y a depuis plusieurs mois maintenant une stratégie de la préfecture de police, de l'Etat, qui vise à invisibiliser ce sujet. Sauf que tout le monde voit bien que cette politique-là, elle ne règle rien, parce que si on ne fournit pas un hébergement à ces personnes, inévitablement, les campements finissent par se reconstituer. Je crois que l’heure aujourd'hui devrait être à l'élaboration de solutions durables plutôt qu'à cette politique qui, au fond, ne mène à rien.

Qui est responsable de cette situation ?

C'est la police, c’est le ministère de l'Intérieur. La Ville de Paris, la municipalité, elle, souhaite au contraire qu'on puisse mettre en place des solutions durables. D'ailleurs, nous avons mis à disposition de l'Etat de nombreux immeubles qui appartiennent à la Ville de Paris pour créer des places d'hébergement. La seule solution, c'est la création de places d’hébergement pour permettre à ces personnes d'être non pas sur le trottoir, personne n'a le goût des campements, mais d'être hébergées, d'avoir un toit sur la tête et de bénéficier d'un accompagnement social.

Lors de son allocution lundi, Emmanuel Macron a demandé à ce que l’on accueille dans la dignité la plupart des demandeurs d'asile afghans qui ont aidé la France. Cela peut-il faire évoluer la politique qui est à l'œuvre en ce moment dans la capitale ?

Je le souhaite, sinon ce serait une contradiction terrible. On ne peut pas dire d'un côté qu'il faut accueillir dignement et de l'autre, se comporter comme se comporte aujourd’hui la préfecture de police avec des demandeurs d'asile qui ont fui leur pays dans des conditions parfois tragiques. Je souhaite vraiment que l'Etat soit à la hauteur, assez loin des propos du président de la République qui, au fond, dans son intervention télévisée, a donné l’impression que ce qui dominait, c'était la peur des flux migratoires. On parle de gens qui aujourd'hui sont en grand danger et donc il faut qu'on se prépare à accueillir. Soyons capables d'héberger et en tout cas la Ville de Paris sera toujours disposée à créer des places d'hébergement supplémentaires avec le concours de l'Etat. Encore faut-il que l'Etat le veuille.

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