Afghanistan : face à la menace de famine grandissante, les Afghans espèrent le dégel des aides internationales

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Afghanistan : face à la menace de famine grandissante, les Afghans espèrent le dégel des aides internationales
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Article rédigé par
M.Burgot, V.Vermot-Gaud, M.Behboudi, L.Lavieille - franceinfo
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Depuis le retour des talibans au pouvoir à la fin de l'été dernier, 55% de la population afghane est menacée par la famine. Une délégation talibane doit discuter avec des diplomates occidentaux à Oslo, en Norvège, à partir du lundi 24 janvier.  

La misère n'en finit pas de proliférer en Afghanistan depuis le retour du régime taliban au pouvoir en août 2021. Aujourd'hui, ce sont quelque 23 millions de personnes qui vivent sous la menace de la famine dans le pays. Soit 55% de la population, selon l’ONU. Aucun État n'a pour l'instant reconnu le gouvernement des talibans, fondamentalistes islamistes revenus au pouvoir en août 2021 après une offensive éclair. Depuis cette date, l'aide internationale, qui finançait environ 80% du budget afghan, a été interrompue. Les États-Unis ont par ailleurs gelé 9,5 milliards de dollars d'avoirs de la Banque centrale afghane, le chômage a explosé et les salaires des fonctionnaires ne sont plus payés depuis des mois. Dans les rues de Kaboul, les femmes et les enfants sont de plus en plus nombreux à mendier ou quémander un morceau de pain à l'entrée des boulangeries. "Je n'ai que des oignons", raconte une mère de famille, qui a fui l'avancée des talibans en août après la mort de son mari.

Arrivée de vivres et résolution de l'ONU

Cette crise humanitaire a poussé les talibans à demander de l'aide internationale. Des vivres ont commencé à arriver à Kaboul et une résolution de l'ONU a été adoptée, favorisant la distribution de nourriture pendant un an. La communauté internationale attend cependant de voir comment les fondamentalistes islamistes gouvernent, après avoir piétiné les droits humains lors de leur premier passage au pouvoir entre 1996 et 2001. Une délégation talibane doit discuter avec des diplomates occidentaux à Oslo, en Norvège, à partir du lundi 24 janvier. Ces échanges se concentreront sur les questions humanitaires et "ne constituent pas une légitimation ni une reconnaissance" du gouvernement islamiste, selon la ministre norvégienne des Affaires étrangères.


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