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À quoi servent les 200 militaires français basés en Centrafrique ?

"La France n'est pas là pour protéger un régime, mais ses ressortissants et ses intérêts". François Hollande, au lendemain de heurts devant l'ambassade de France à Bangui, a voulu clarifier la présence française en Centrafrique. L'occasion de faire le point sur la mission Boali et ses quelque 200 soldats, alors que le président Bozizé en appelle à nouveau à l'aide de Paris et Washington.
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Radio France
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La mission créée en 2002 s'appelle Boali. Elle comprend environ 200 hommes basés sur l'aéroport de Bangui, même si une partie d'entre eux a été détachée mercredi auprès des gendarmes qui assurent la protection de l'ambassade de France, prise à partie par des manifestants dans la capitale centrafricaine. 

À en croire François Hollande, en déplacement à Rungis, ces soldats ne sont là que "pour protéger les ressortissants et intérêts français ", et surtout pas pour protéger le régime centrafricain.

> Lire Centrafrique : la France n'est pas là pour "protéger un régime"

Pourtant un accord de partenariat de défense, signé en avril 2010, lie plus étroitement que cela la France au régime de François Bozizé.

Quand la France fournit "un appui feu aérien"

Paris est en effet est censé fournir un soutien opérationnel, technique et logistique aux forces de stabilisation de l'Afrique centrale présentes dans le pays. Mais aussi "aider aux opérations qui visent à reprendre le Nord-Est du pays occupé par des éléments armés rebelles ", lit-on sur le site du ministère de la Défense. Formule explicite autorisant des interventions de terrain à la demande de l'armée de Bozizé : l'aviation française est ainsi intervenue à plusieurs reprises ces dernières années contre des positions du Séléka, la rébellion. Ce que le site évoque comme un "appui feu aérien ". En 2012, l'aide militaire française à Bangui s'est élevée à 1, 4 million d'euros. 

Les mots de François Hollande indiquent-ils un changement de cap ? Ce qui est sûr, c'est que la donne a changé depuis 2010. L'armée centrafricaine est presque inexistante, démotivée, désorganisée et sous-équipée, et le régime asphyxié. Face à une rébellion qui a déjà conquis le pays utile, soit les précieuses mines aurifères et diamantifères. 

Intervenir dans les affaires centrafricaines ? "Ce temps-là est terminé" (Hollande)

L'appel réitéré ce jeudi en sango (la langue nationale centrafricaine) du président Bozizé à la France et aux États-Unis, pour "aider à faire reculer les rebelles à leur base initiale de façon à permettre la tenue du dialogue à Libreville pour résoudre la crise actuelle " risque donc de rester lettre morte. Pas question d'"intervenir dans les affaires intérieures d'un pays. Ce temps-là est terminé ", a tranché François Hollande. Même si Paris dit depuis condamner "la poursuite des hostilités " par les rebelles, qui camperaient désormais à 75 kilomètres de Bangui. 

 

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