Intempéries dans les Alpes-Maritimes : le président du département craint une aggravation du bilan "au fur et à mesure que nous investiguons sur le terrain"

"Les craintes sont terribles pour l'avenir puisqu’on est dans le flou", admet Charles-Ange Ginésy. "On découvre au fur à mesure" la situation car les communications ont été coupées avec des vallées "difficilement accessibles".

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Une maison en équilibre sur une falaise qui s'est effondrée lors du passage de la tempête Alex dans les Alpes-Maritimes, ici à Saint-Martin-Vésubie, le 3 octobre 2020. (VALERY HACHE / AFP)

Charles-Ange Ginésy, président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a fait part lundi 5 octobre sur franceinfo de son pessimisme au sujet du bilan humain après le passage de la tempête Alex dans les Alpes-Maritimes: "Je crains, effectivement, que le bilan puisse malheureusement s'alourdir au fur et à mesure que nous investiguons sur le terrain", a-t-il déclaré.

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franceinfo : Quel est bilan humain exact ce lundi matin ?

Charles-Ange Ginésy : Il y a 8 personnes disparues, 12 personnes recherchées, deux personnes retrouvées décédées, hier à Saint-Martin-Vésubie et à Vintimille. Les craintes sont terribles pour l'avenir puisqu’on est dans le flou. On recherche en permanence, avec toutes ces maisons écroulées, disparues. Au-delà de ce qui s'est passé à Saint-Martin-Vésubie, que l'on connaît bien aujourd'hui, la disparition de dizaines de chalets, on a vu une dizaine de maisons retrouvées englouties à Tende. On a découvert dans les villages qui ne sont ni dans la Vésubie ni dans la Roya, à Malaussène par exemple, quatre maisons qui sont également endommagées. On découvre au fur à mesure. Le département des Alpes-Maritimes est un département complexe, magnifique, mais avec des vallées qui sont difficilement accessibles. Et quand toutes les routes ont été coupées, quand vous n'avez plus les moyens de communication par le téléphone habituel, votre téléphone cellulaire, on voit que nous sommes coupés du monde et qu'il faut aller sur le terrain pour se rendre compte.

Il faut s’attendre à un bilan plus important ?

Je crains effectivement, le Premier ministre l'a également ressenti lorsqu'il est venu nous voir, que le bilan puisse malheureusement s'alourdir au fur et à mesure que nous investiguons sur le terrain. Il y a plus de 950 pompiers qui sont sur le terrain et qui font un travail formidable pour individuellement, maison par maison, vallon par vallon, regarder systématiquement tous les désordres qui peuvent exister, que ce soit éventuellement des pertes humaines ou des personnes encore à secourir, ou que ce soit les dégâts de nos infrastructures, de nos maisons, de nos routes, de nos réseaux. Plus de 12 000 foyers ont été sans électricité hier. On a pu redonner de l'électricité à 4 000 personnes, mais 8 000 sont toujours sans électricité.

Est-ce que les villages isolés sont maintenant accessibles ?

Il y a des avancées puisque dans la nuit de vendredi à samedi, nous avions le village de Roquebillière, le village de Saint-Martin-Vésubie, le village de Tende et le village de Breil-sur-Roya qui étaient coupés. Aujourd'hui, Breil-sur-Roya est devenu à nouveau accessible. Roquebillière l'est aussi. Depuis hier après-midi, Saint-Martin-Vésubie, par une route de fortune et de secours, est à nouveau accessible aussi. Reste le problème de Tende, où j'ai pu me rendre hier par voie héliportée.

Est-ce que vous pensez déjà la reconstruction ?

J'y pense de façon très, très lointaine, parce que je suis dans l'urgence du secours à la personne aujourd'hui et de la réhabilitation. Mais globalement, je me dis qu'effectivement, il faudra reconstruire vite.

Ce qui a été emporté, c'est le patrimoine historique de nos vallées, c'est le patrimoine historique des Alpes-Maritimes. Ce sont des décennies de construction de l'homme qui ont été emportées d'un coup, d'un seul coup, avec des maisons du 16e siècle qui ont disparu. 

Charles-Ange Ginésy, président du conseil départemental des Alpes-Maritimes

à franceinfo

Donc, autant dire un épisode absolument inédit. Oui, la reconstruction il faudra la faire rapidement et probablement avec les techniques modernes que nous connaissons aujourd'hui, en considérant que l'évolution environnementale actuelle va nous amener peut être à avoir à subir ce type de précipitations dans les années à venir, malheureusement, un peu plus fréquemment que ce que nous avons connu dans le passé.

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