Lombok : le couple de touristes français restés sur place après le séisme a créé une association et récolté 18 000 euros

Deux étudiants français partis faire du tourisme sont finalement restés pour aider les Indonésiens. Ils ont créé une association avec l'aide de la Croix-Rouge

Les deux étudiants ont pu acheter 110 kilos de riz et 300 litres d\'eau. 
Les deux étudiants ont pu acheter 110 kilos de riz et 300 litres d'eau.  (MAD LOMBOK)

L'île indonésienne de Lombok, déjà dévastée par deux puissants tremblements de terre les 29 juillet et 5 août, a connu de nouvelles secousses dimanche. Au total, 500 personnes ont perdu la vie.

Deux étudiants français, qui étaient sur place pour faire du tourisme lors du premier séisme, ne sont finalement pas rentrés. Ils ont décidé de rester pour aider et ont même créé une association avec l'aide de la Croix-Rouge, MAD Lombok. Ils apportent notamment de la nourriture et de l'eau et aident aux premières reconstructions.

Le couple est venu en aide aux Indonésiens. 
Le couple est venu en aide aux Indonésiens.  (MAD LOMBOK)

"Il y a certains endroits qui ont été détruits à 90%, probablement à 100% avec le nouveau séisme", a expliqué mardi 21 août sur franceinfo Florian Gasmann, l'un des deux étudiants. "On a vu des bâtiments s'effondrer autour de nous. On a vu des touristes sortir en panique avec des plaies ouvertes (..) c'était vraiment l'horreur", a-t-il ajouté.

Quelle est la situation sur place à Lombok après ces séismes qui ont touché l'île ?

Il y a certains endroits qui ont été détruit à 90%, probablement à 100% avec le nouveau séisme qui est arrivé dimanche. Le gouvernement n'arrive pas à aller partout, c'est l'armée qui arrive avec des énormes chargements et qui doit rester sur les routes principales. Il y a des endroits où ils n'arrivent presque pas à passer sur les routes et certains villages ne sont accessibles qu'en motocross. C'est très compliqué d'y arriver et ce sont principalement ces villages-là que l'on essaye d'aider. Le gouvernement ne peut pas aider tout le monde.

Il y a eu de nombreuses répliques, jusqu'à 10 dans la journée. Quel impact cela peut avoir sur les gens sur place ?

Le plus dur, c'est pour les enfants, à chaque fois qu'il y a une réplique ce sont eux qui ont le plus peur. Ils pleurent à chaque réplique, pendant la nuit, pendant la journée. Pendant les premières journées, on a parlé de 355 répliques, autant de moments où les enfants ont pleuré. Ça fait trois semaines qu'ils doivent faire face à des secousses tous les jours, c'est vraiment l'horreur pour eux. Nous étions à Gili Meno à 50 kilomètres de l'épicentre, on a une grosse secousse, on a lâché notre sac, on est allés se mettre à l'abri sur la plage. On a vu des bâtiments s'effondrer autour de nous. On a vu des touristes sortir en panique avec des plaies ouvertes, des jambes cassées, des bras cassés, c'était vraiment l'horreur. Il y avait des ambulances partout, des chevaux qui couraient dans la rue. C'était une vraie scène de panique.

Quelle a été votre première réaction après ce tremblement de terre ?

Notre premier réflexe, comme tous les touristes, cela a été de se diriger vers la sortie, on a été pris en stop par une association [humanitaire] à Lombok. Nous, on essayait de partir alors que cette association allait se procurer des vivres pour un village. C'est là qu'on s'est rendu compte qu'on ne pouvait pas partir. On a pris sur notre argent personnel, on a acheté 110 kilos de riz, 300 litres d'eau, tout ce qu'on pouvait trouver, on est partis vers l'épicentre et on s'est rendu compte que ce n'était rien par rapport aux besoins. Il y a 400 000 personnes qui vivent dans des camps avec juste une bâche pour les protéger des intempéries. C'est là que nos familles ont commencé à nous aider, ils nous ont donné de l'argent pour faire une mission de ravitaillement. On a créé une cagnotte, on a eu 1 000 euros dès le lendemain matin. On a reçu 1 000 euros par jour, puis un pic à 3 000 euros. Aujourd'hui nous sommes à 18 000 euros. On a vraiment un impact énorme là-bas. On espère vraiment que [notre cagnotte] va continuer car on peut vraiment faire beaucoup pour ces gens-là.