Pourquoi la terre a-t-elle (encore) tremblé en Bretagne ?

La Bretagne est la troisième région la plus sismique de France. Chaque année, près de 80 tremblements de terre y sont enregistrés.

L\'épicentre du séisme a été localisé à Plabennec (Finistère), selon le Réseau national de surveillance sismique.
L'épicentre du séisme a été localisé à Plabennec (Finistère), selon le Réseau national de surveillance sismique. (CAPTURE D'ECRAN GOOGLE MAPS / FTVI)

"Une sensation bizarre" pour Céline, "une sacrée secousse" pour Eric. Sur la page Facebook de France Bleu Breizh Izel, de nombreux habitants du Finistère ont fait part, lundi 12 décembre, de leur stupéfaction après un nouvel épisode sismique en Bretagne. Dimanche, vers 22h30, un séisme de magnitude 3,9 sur l’échelle de Richter a frappé le Nord du Finistère, sans faire de dégâts. Il s’agit du quatrième léger séisme dans ce département en moins de deux semaines, après une secousse de 2,2 enregistrée à proximité de Ploudalmézeau le 17 novembre, une de 3,4 ressentie à Pencran le 8 décembre et un séisme de 2,9 samedi 10 près du Folgoët.

Comment expliquer ce phénomène ? Franceinfo a interrogé Olivier Dauteuil, tectonicien, directeur de recherches du CNRS et à l’université de Rennes 1.

Franceinfo : Pourquoi ces secousses touchent-elles la Bretagne ?

Olivier Dauteuil : Tout d’abord, la Bretagne est une ancienne chaîne de montagnes, le massif armoricain, qui a arrêté de se développer il y a maintenant 300 millions d’années. Dans cette chaîne, plusieurs failles, les zones de faiblesse, sont régulièrement réactivées par des forces tectoniques. En l’occurrence, des compressions qui sont émises par deux autres chaînes de montagne : les Alpes et les Pyrénées. Pour faire simple, la première chaîne "pousse" vers le Nord-Ouest quand la seconde "pousse" en direction du Nord. Ce sont ces forces qui viennent réactiver les zones de faiblesse de la région. Pour le séisme de dimanche soir, on est d’ailleurs sur une faille très ancienne, d’ordinaire assez peu active. Il faut savoir que l’épicentre (localisé à Plabennec, selon le Réseau national de surveillance sismique) ne correspond pas à la zone où, d’habitude, on enregistre le plus d’activité sismique. Généralement, ce sont les côtes du sud de la Bretagne, près du Morbihan, qui sont les plus touchées par les tremblements de terre. Enfin, les dernières secousses correspondent aux répliques du premier séisme (enregistré mi-novembre).

Les séismes en Bretagne sont-ils fréquents ?

La Bretagne est la troisième région la plus sismique de France, derrière la région Auvergne Rhône-Alpes et l’Occitanie. On dénombre en Bretagne environ 80 séismes chaque année. Dans la plupart des cas, les secousses ne dépassent pas une magnitude de 2 à 3. Il arrive parfois qu’un séisme dépasse les 4 (le dernier en date a été enregistré en 2002 à Hennebont, dans le Morbihan, avec une magnitude de 4,8 selon Ouest-France), mais cela arrive une fois tous les dix ans.

Que ressent-on et que risque-t-on face à un séisme léger ?

Le ressenti va dépendre de l’endroit où l’on est situé (la secousse a été ressentie à Brest, à Landerneau, au Drennec, à Plouvien, Plabennec, au Folgoët, selon France Bleu Breizh Izel). Si l’on se trouve en zone urbaine dans des bâtiments construits sur des roches dures, on va ressentir de simples vibrations. En revanche, si l’on est sur du sable ou de l’argile, cela peut engendrer de légers glissements de terrain. Évidemment, un séisme de ce type n’a rien à voir avec ce qui peut se passer en Italie, où des tremblements de terre de magnitude 6 ont été enregistrés fin octobre. A titre de comparaison, ce sont des secousses au moins 100 fois plus puissante.