Qualité de l'air : les concentrations de particules fines sont trois fois plus élevées dans le métro que dans l'air urbain, selon l'Anses

L'Anses a analysé l'air dans le métro de six grandes agglomérations. L'exposition à ces particules a des effets cardio-respiratoires sur la santé, sans qu’il soit possible aujourd’hui d’en déterminer précisément les conséquences.

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Radio France
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Les passagers utilisent le métro parisien à la station "Duroc", le 18 octobre 2021 à Paris. (JAN WOITAS / ZB)

Les concentrations de particules fines sont trois fois plus élevées dans le métro que dans l'air urbain. C'est le constat fait par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) dans un avis publié mercredi 8 juin que franceinfo a pu consulter. Sept ans après son premier avis, l'Agence confirme "la nécessité de poursuivre les actions pour limiter les expositions des usagers, en réduisant les concentrations des particules en suspension dans l’air."

Les travaux de l'Anses portent sur les métros des six grandes agglomérations, Paris et sa banlieue, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Rennes, et dans une moindre mesure Rouen qui dispose d'un tramway circulant en partie en souterrain. Ces "enceintes ferroviaires souterraines" accueillent plusieurs millions de voyageurs chaque jour, dont environ cinq millions pour le réseau francilien.

Possibilité d'effets cardio-respiratoires

La composition des particules fines mesurées dans ces enceintes est différente de celle mesurée en espace urbain, avec "une teneur élevée en éléments métalliques, dont le fer en particulier, et également en carbone élémentaire et organique", précise l'Anses. L'exposition à ces particules a des effets cardio-respiratoires sur la santé, sans qu’il ne soit possible aujourd’hui d’en déterminer précisément les conséquences.

Selon cet avis, "le corpus d’études reste trop limité pour pouvoir tirer des conclusions fermes". Mais l'Agence souligne que les données épidémiologiques et toxicologiques "suggèrent la possibilité d’effets cardio-respiratoires, d'inflammation et de stress oxydant et d'effets sur la fonction cardiaque autonome."

Dans son avis, l'Anses insiste sur la nécessité de réduire la pollution particulaire dans les métros et appelle à poursuivre les actions comme le renouvellement des matériels roulants, l’utilisation de systèmes de freinage moins émissifs en particules ainsi que l’amélioration de la ventilation de ces enceintes.

Des indicateurs pour la qualité de l'air

L'Agence plaide par ailleurs pour la mise en place d'indicateurs "permettant de caractériser la qualité de l’air dans ces environnements". Le calcul de ces indicateurs doit intégrer "les expositions sur une journée dans différents environnements (à la maison, au travail et dans les transports) et les valeurs limites réglementaires, en concentrations journalières, à ne pas dépasser."

Face à l'augmentation du trafic ferroviaire à prévoir, dans un contexte où il faut privilégier les alternatives à la voiture, l'Anses recommande en particulier "de renforcer les dispositifs de surveillance de la pollution de l’air dans les différents environnements des enceintes : quais, stations, rame."

Elle plaide par également pour "une amélioration des connaissances sur les effets sanitaires". La réduction de la pollution de l'air, "notamment en milieu urbain", constitue "une priorité de santé publique", ajoute l'Agence.

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