Des chutes de "neige industrielle" sur la moitié nord, à cause de la pollution

Ces flocons sont le résultat de la conjonction de températures négatives, du brouillard et d'un niveau élevé de pollution aux particules

Une fine couche de \"neige industrielle\" au bord d\'un route, à Mâcon (Saône-et-Loire), le 7 décembre 2016.
Une fine couche de "neige industrielle" au bord d'un route, à Mâcon (Saône-et-Loire), le 7 décembre 2016. (MAXPPP)

Le phénomène est assez peu fréquent. Des chutes de "neige industrielle" ont été signalées, samedi 31 décembre, en plusieurs endroits de la moitié nord de la France. En Côte-d'Or, en Moselle, dans l'Yonne, en Ille-et-Vilaine ou encore dans le Loiret : quelques centimètres de neige sont venus recouvrir le sol sur des périmètres très localisés. Des flocons qui ne sont pas dus à un épisode de neige classique mais à... la pollution.

L'apparition de cette neige dite "industrielle" est le résultat de la conjonction de températures négatives, du brouillard et d'un niveau élevé de pollution aux particules, expliquait début décembre Yves Grégoris, directeur interrégional de Météo France à Strasbourg, après un épisode survenu dans la capital alsacienne.

Les abords des zones industrielles particulièrement touchées

Ce phénomène peu courant – sans être rare – est dû à la condensation de l'humidité ambiante autour des particules rejetées par l'industrie et les particuliers. Ces particules se transforment alors en flocons de neige. Résultat : les abords des zones industrielles en plaine sont recouverts d'un fin manteau blanc, tandis que les sommets, au-dessus du brouillard, jouissent d'un bel ensoleillement.

"Ce phénomène a lieu principalement par temps calme et le plus souvent anticyclonique. Avec les températures négatives présentes dans le Nord-Est, les chauffages urbains et les cheminées des foyers en banlieue ont participé à l’augmentation des émissions en particules", explique La Chaîne Météo.

Selon Yves Grégoris, le fait que les particules de pollution soient ainsi précipitées au sol n'est pas à proprement parler dangereux. "Ce serait même plutôt le contraire : il vaut mieux fouler aux pieds la pollution que la respirer", souligne-t-il.