Massif du Mont-Blanc : fin de l'alerte près du glacier italien de Planpincieux

Un volume de glace estimé à 500 000 mètres cubes menaçait de se détacher sur une zone habitée du massif.

Le glacier de Planpincieux, dans le massif du Mont-Blanc, le 5 août 2020.
Le glacier de Planpincieux, dans le massif du Mont-Blanc, le 5 août 2020. (MAXPPP)

Retour à la normale. La commune de Courmayeur, dans les Alpes italiennes, non loin de la frontière française, a annoncé dimanche 9 août "la levée de toutes les mesures" de sécurité adoptées pour faire face au risque d'effondrement d'un gros bloc du glacier de Planpincieux, où la situation est revenue à la normale.

Les dernières informations recueillies sur le glacier ayant "confirmé un retour aux paramètres de risques habituels", la fermeture de la vallée du Val Ferret (en contrebas du glacier), ordonnée mercredi dernier, est levée, a annoncé la mairie dans un communiqué. La circulation automobile dans la petite vallée est de nouveau autorisée, de même que le retour chez eux de la quinzaine de résidents évacués.

L'effet du réchauffement climatique

Un volume de glace estimé à 500 000 mètres cubes menaçait de s'ébouler, selon les autorités locales. Ces dernières ont donc ordonné, mercredi soir, l'évacuation durant 72 heures d'une "zone rouge" de quelques centaines de mètres de large en contrebas, dans une partie de la vallée peu habitée et surtout fréquentée par les randonneurs.

Ce risque est lié à l'évolution générale des glaciers des Alpes. "Ce n'est pas un 'grand' glacier alpin, mais comme tous les glaciers alpins en revanche, il se retire très fortement depuis trois décennies, du fait du réchauffement climatique, a expliqué Ludovic Ravanel, spécialiste des milieux de haute montagne et géomorphologue à l'AFP. Et souvent, le front de ces glaciers se retrouve sur des pentes très raides et lissées par l'érosion glaciaire."

Lors d'une canicule, la fonte de la glace est très importante et se transforme en eau qui circule jusque sous le glacier "où elle exerce non seulement des pressions qui ont tendance à soulever très légèrement le glacier, mais également (...) le glissement de la glace sur la roche. Tout cela fait que les équilibres sont rompus et que le front [du glacier] est susceptible de se déstabiliser", détaille le chercheur.