Intempéries en Belgique : les secours français sur place ont "encore l'espoir de retrouver des survivants", déclare le porte-parole de la Sécurité civile

Des sapeurs-pompiers du Nord et des Ardennes et des militaires de la Sécurité civile,  ont notamment été envoyés jeudi soir en Belgique pour épauler les secours locaux après les intempéries et les inondations qui ont frappé le pays.

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Radio France
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Une rue inondée dans la ville belge de Verviers après les fortes pluies et les inondations qui ont frappé l'Europe de l'ouest, 15 juillet 2021. (FRANCOIS WALSCHAERTS / AFP)

"Le temps joue contre les équipes. Cependant, il y a encore des sources d'espoir de retrouver des survivants", déclare vendredi 16 juillet sur franceinfo le commandant Alexandre Jouassard, porte-parole de la Sécurité civile. Trente-quatre sapeurs-pompiers du Nord et des Ardennes et 40 militaires de la Sécurité civile, ainsi qu'un hélicoptère normand ont été envoyés jeudi soir en Belgique pour épauler les secours locaux après les pluies diluviennes et les inondations qui ont déjà causé la mort de 20 personnes selon les autorités belges.

>> Inondations en Belgique : "Le principal est d'être en vie", les sinistrés affluent vers les centres de secours

Depuis jeudi, les secouristes français de la Sécurité civile ont sauvé 135 personnes en Belgique, et les sapeurs-pompiers près de 70. Les secours français ne sont pas déployés en Allemagne, également victime de terribles inondations, les autorités allemandes n’ayant pas encore fait appel à l’aide de ses voisins européens. L’Allemagne où deux secouristes allemands sont morts dans la journée de jeudi.

franceinfo : Quels sont les dangers pour les secouristes ?

Alexandre Jouassard : Déjà, deux sapeurs-pompiers, officiellement, sont décédés [des secouristes allemands en Allemagne], d’autres sont actuellement disparus. Ce sont des missions extrêmement difficiles, avec des effets missiles à l'intérieur de l'eau, c'est-à-dire des débris qui se déplacent et qui peuvent faucher, blesser mortellement des secouristes. Vous avez également des glissements de terrains, sur lesquels nos secouristes peuvent être emportés. Ce sont des conditions extrêmement difficiles. La météo s'est légèrement améliorée, cela a permis des treillages et des hélitreuillages à l'aide des hélicoptères.

Ce n'était pas le cas hier [jeudi], puisque la plupart des hélicoptères étaient cloués au sol, notamment en Belgique, en raison des conditions météo. Nos équipes sont concernées d'abord par des reconnaissances aériennes, des reconnaissances également à l'aide de drones. Par ailleurs, c’est une zone difficile d'accès. Donc, il est très important que des spécialistes, des sauveteurs nautiques, sauveteurs aquatiques, puissent se déplacer à l'aide d'embarcations légères. Ces embarcations sont faites pour naviguer sur des fonds assez bas et donc cela permet d'essayer d'accéder à des zones très isolées qui ont été frappées par des pluies importantes.

On imagine qu’il y a du stress au sein de vos équipes de secouristes.

Il y a du stress parce que les équipes sont là pour aider la population et sauver des vies. Et il y a du stress puisque les conditions sont extrêmes. Aujourd'hui, les personnes qui ont été hélitreuillées étaient pour certaines en hypothermie puisque les conditions météo n'étaient pas favorables, passer une nuit ou deux jours sur un toit avec de l'eau et l'humidité, imaginez dans quel état pouvaient être les personnes secourues. L'envie des équipes, la passion de vouloir apporter le secours est plus forte que ces conditions extrêmes et c'est pour ça que nos sapeurs sauveteurs, les équipiers secouristes et les différentes forces qui sont présentes en Belgique continuent leur mission.

Y a-t-il encore des chances de retrouver des survivants ?

Le temps joue contre les équipes. C'est un fait. Cependant, il y a encore des sources d'espoir de retrouver des survivants sur certaines zones où vous pouvez avoir des habitations totalement isolées qui auraient été coupées du monde, mais dans lesquelles les personnes ont pu se mettre à l'abri au premier ou deuxième étage, par exemple. Il y a aussi des consignes qui ont été données en Belgique pour que les personnes puissent s'abriter et prennent des vivres avec eux. Donc oui, l'espoir est bien présent de pouvoir trouver des vies humaines et de pouvoir sauver encore des personnes qui sont dans des conditions difficiles vendredi soir.

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