Intempéries dans les Alpes-Maritimes : pourquoi il est si difficile d'avoir un bilan précis, quatre jours après le passage de la tempête Alex

Quatre personnes sont mortes, huit sont officiellement portées disparues et treize autres personnes sont supposée l'être dans les intempéries qui ont dévasté le sud-est de la France et le nord de l'Italie, vendredi.

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Vue aérienne de Saint-Martin-Vésubie, dans les Alpes-Maritimes, le 3 octobre 2020, après les intermpéries qui ont dévasté le sud-est de la France. (VALERY HACHE / AFP)

Le bilan des victimes s'accroît. Au moins quatre personnes sont mortes dans les intempéries meurtrières dues à la tempête Alex qui ont frappé le sud-est de la France et le nord de l'Italie, vendredi 2 octobre. Les pompiers des Alpes-Maritimes dénombrent aussi "huit personnes disparues" et 13 autres "sont encore supposées disparues", a précisé le  SDIS 06 à franceinfo.

Un dernier bilan des pompiers des Alpes-Maritimes, révélé ce mardi à 13h00, fait état de quatre morts sur les communes de Saint-Martin-Vésubie, Lantosque et Colomars. Huit personnes sont portées disparues et 13 autres sont supposées disparues. Pourquoi est-il difficile de connaître le nombre exact de victimes, trois jours après la catastrophe ?

Parce que le travail d'identification n'est pas fini

Première difficulté : l'identification des corps prend du temps. D'autant plus que certains peuvent avoir été emportés par les rivières en crue. Au moins quatre corps ont ainsi été récupérés, dimanche 4 octobre, sur les rives ligures, en Italie, selon l'agence italienne Ansa. Comme les autorités ligures n'ont pas fait état de disparus jusqu'ici, l'hypothèse privilégiée des enquêteurs est que certaines des victimes sont des personnes portées disparues ou recherchées en France. Mais cela reste une hypothèse. La police italienne est "en contact avec les autorités françaises pour donner un nom et un visage" à ces cadavres retrouvés non loin des côtes françaises, précise Ansa.

Côté français, on dénombre pour l'instant deux morts, selon le commandant Fabrice Gentili, des pompiers des Alpes-Maritimes, interrogé par France Bleu. Un corps a été découvert dans un véhicule par les pompiers, dimanche, à Saint-Martin-Vésubie. Un autre corps, celui d'un berger français, a été découvert le même jour dans le fleuve Roya. L'homme était porté disparu depuis le passage de la tempête Alex dans les Alpes-Maritimes, mais il n'est pas encore identifié, selon le préfet Bernard Gonzalez, cité par France Bleu. Lundi, ce dernier a aussi précisé que certains corps retrouvés sur les côtes italiennes sont en état de "grande décomposition" et "doivent très probablement correspondre" aux cercueils emportés dans les inondations de cimetières français. "Il ne s'agit pas de décès récents ( ...), mais de cadavres anciens qui doivent correspondre aux corps des cimetières engloutis par les flots d'eau", a-t-il expliqué. "Nous sommes en train de rassembler des éléments pour les identifier. Mais c'est difficile car ils ont été retrouvés nus et nous n'avons pas d'éléments d'identification", avait expliqué lundi matin le garde-côte Giuseppe Semeraro, du port d'Imperia (Italie).

Enfin, l'Italie a confirmé la mort de deux personnes sur son territoire, un pompier décédé en intervention et un automobiliste dont le véhicule est tombé dans un cours d'eau en crue.

Parce que des villages sont toujours inaccessibles

Deuxième difficulté : dans l'arrière-pays de Menton, plusieurs communes sont toujours inaccessibles ou difficiles d'accès. Ce qui complique les opérations de déblaiement, avec d'éventuelles nouvelles découvertes de corps, que la gendarmerie devra ensuite identifier.

Pour l'instant, huit personnes sont portées disparues et 13 autres "sont encore supposées disparues", a assuré le SDIS 06 à franceinfo. Le distinguo a son importance. "Les personnes disparues ont été vues en train de se faire emporter", expliquent les pompiers des Alpes-Maritimes. C'est le cas de Léopold et Josette Borello, un couple de retraités emportés à Roquebillière (Alpes-Maritimes) par les flots déchaînés de la Vésubie.

En revanche, "pour les personnes supposées disparues, on n'a pas de témoin oculaire", complètent les pompiers. On ne sait donc pas ce qui est arrivé à ces personnes dont on est sans nouvelles. Sur place, près de 1 000 pompiers sont toujours à pied d'œuvre pour porter secours aux sinistrés, signalait dimanche le ministère de l'Intérieur.

Parce que les rescapés ne peuvent pas tous se signaler

Enfin, ultime difficulté, tous les rescapés ne peuvent pas donner de nouvelles. "Les communes sinistrées sont encore privées de moyens de communications. Il n'y a plus de réseau téléphonique, explique-t-on chez les pompiers. Donc les gens ne peuvent pas forcément se manifester pour dire 'je vais bien', même s'ils ont été mis à l'abri."

Mais les nouvelles vont finir par filtrer : "652 personnes ont été mises en sécurité, dont 323 héliportées. Elles vont retrouver du réseau et donner de leurs nouvelles. Parmi elles figurent peut-être des personnes encore recherchées", précise le service de communication des pompiers des Alpes-Maritimes.

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