Inondations : "Plusieurs mois après, les indemnisations ne sont pas toutes réglées"

Après une semaine d’inondations, les personnes sinistrées vont devoir se frotter au dossier des indemnisations. Si l’arrêté de catastrophe naturelle, attendu ce mercredi, devrait favoriser les procédures, les victimes déchantent parfois.

Un homme pose dans sa salle à manger après les inondations à Biot (Alpes-Maritimes), le 5 octobre 2015.
Un homme pose dans sa salle à manger après les inondations à Biot (Alpes-Maritimes), le 5 octobre 2015. (MAXPPP)

Le Conseil des ministres doit entériner mercredi 8 juin l’arrêté de catastrophe naturelle après les inondations qui touchent le Centre Val-de-Loire et la région parisienne depuis plusieurs jours. Un texte qui ouvre la voie à l’indemnisation des sinistrés. Ils ont dix jours pour déposer leur déclaration de sinistre auprès de leur assureur. Un délai rabaissé à cinq jours si la commune ne figure pas dans l’arrêté.

Ce texte doit raccourcir les délais de dédommagements. "A compter de la date de remise effective de l’état estimatif des biens endommagés", l’intégralité des indemnités doit être versée sous trois mois, et dans un délai de deux mois pour la première provision.

"Tous les jours, je regarde si j'ai un virement sur mon compte"

Mais ce n’est pas toujours aussi simple. A Biot (Alpes-Maritimes), Clémence Melotti attend toujours d’être totalement indemnisée. Comme 950 foyers de la commune, sa maison a été dévastée par les inondations d’octobre 2015. "Ma salle à manger est toute neuve. J’ai dû refaire les murs, le carrelage, les plinthes ou encore le chauffage." Montant des travaux : 20 000 euros. Aujourd’hui, l’assurance ne lui en a remboursé que 7 000. "Je ne vois rien venir, témoigne-t-elle auprès de journalistes de France 2. Tous les jours, je regarde si j’ai un virement sur mon compte."

Un peu plus loin dans le département, à Mandelieu-la-Napoule, les stigmates des inondations ont disparu, mais tous les problèmes ne sont pas réglés. Olivier Bredow, porte-parole du collectif des victimes des inondations, habite boulevard de la Tavernière, là où huit personnes ont perdu la vie. "Dans ma résidence, sur 70 appartements qui étaient sous l’eau, environ 35 sont toujours concernés par une procédure d’indemnisation." Huit mois après. "C’est une affaire d’expertises et de contre-expertises pour obtenir de bons dédommagements, détaille Olivier Bredow. Beaucoup de personnes ont fait des avances de frais car elles voulaient retourner vivre chez elles." Sinistré matériel de la catastrophe, Olivier Bredow a perdu deux véhicules dont il n’a pas obtenu le remboursement.

Difficile de se faire assurer après un sinistre

Pour Marc Piednoël, de l’Union nationale des associations de lutte contre les inondations (Unalci), "certaines personnes sont mal assurées ou mettent du temps à transmettre les pièces de leur dossier". Ce qui peut expliquer la longueur de certaines procédures. Lundi, les assureurs "se sont engagés à simplifier les démarches et à indemniser rapidement" les victimes des inondations, a annoncé la secrétaire d’Etat chargée de l’Aide aux victimes, Juliette Méadel.

Mais, parfois, les problèmes s’installent sur le long terme. "Depuis les inondations meurtrières de 2010 dans le bassin versant de l’Argens (Var), certains professionnels, des gérants de camping, des agriculteurs, ne sont plus acceptés par les compagnies d’assurances, déplore Louis Reymondon, de l’association Viva. Ils sont obligés d’aller s’assurer à l’étranger, avec des tarifs exorbitants."