Crue de la Seine : "Difficile d'imaginer une baisse significative à courte échéance"

Alix Roumagnac, président de la société de prévention des risques naturels Predict, a expliqué, lundi sur franceinfo, que la décrue de la Seine serait longue et pourrait être perturbée par des précipitations dans les jours à venir.

La Seine en crue, dimanche 28 janvier 2018, à Paris.
La Seine en crue, dimanche 28 janvier 2018, à Paris. (RADIO FRANCE / YANN SCHREIBER)

"Malheureusement, on est sur un plateau et il est difficile d'imaginer une baisse significative de la Seine à courte échéance", a expliqué Alix Roumagnac, lundi 29 janvier sur franceinfo. Le président de la société de prévention des risques naturels Predict a estimé qu'il "va être nécessaire de gérer cet événement dans la durée", alors que la Seine a atteint son pic de crue, lundi à Paris, avec un niveau de 5,84 mètres au niveau du pont d'Austerlitz.

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franceinfo : Le pic de crue à Paris a été atteint lundi matin. La décrue de la Seine va-t-elle s'amorcer ? Quel est le scénario pour les prochaines heures ?

Alix Roumagnac : C'est difficile de parler de pic. On aimerait bien parler de pic, parce que cela signifierait qu'il y ait une décrue rapide et significative derrière. Là, on est sur une crue de volume du fait de toutes ces précipitions qu'a connues le bassin depuis presque un mois. La Marne est à peu près à l'étale et ne baisse pas trop en amont. La Seine continue en amont à avoir une légère augmentation, même si on ne va pas monter plus haut que ces 5,84 mètres. Malheureusement, on est sur un plateau et il est difficile d'imaginer une baisse significative de la Seine à courte échéance.

Est-ce que cette décrue pourrait être contrariée par les pluies de la semaine et les forts coefficients de marrés ?

Oui, effectivement ces deux éléments sont importants. On a des coefficients de marées qui vont être très importants à partir du milieu de la semaine. Cela concernera surtout l'embouchure au niveau de Rouen, où la crue va continuer à descendre vers l'embouchure et va avoir du mal à sortir. L'effet de cette marée ne remonte pas jusqu'à Paris, mais ça va être un problème sur l'embouchure. Ensuite, cette Seine, qui va rester très haute, va connaître en milieu de semaine des précipitations, à partir de mercredi. Il y a donc différents scénarios qui vont se faire : soit un maintien de cette cote haute voire une reprise à la hausse. Il va être nécessaire de gérer cet événement dans la durée.

C'est la deuxième crue de la Seine en un an et demi. Est-ce qu'on va devoir s'y habituer ?

Oui, mais ce sont les statistiques et les climatologues de Météo France qui, a posteriori, nous donneront les tendances. Mais, effectivement, on peut observer qu'en 2016, on a eu une crue sur le bassin parisien. Là, on a eu des crues hivernales en parallèle sur la Seine et sur le Rhône. Les citoyens et les organisations doivent admettre que c'est possible et s'habituer à gérer ça sur la durée en travaillant sur des plans de sauvegarde, des plans d'évacuation et d'hébergement de la population et leur mise en sécurité. C'est un travail qu'on mène beaucoup avec les assureurs. Je crois que c'est la seule voie à avoir pour faire face à ces événements.