VIDEO. Le réchauffement climatique jette un froid entre les renards roux et polaires

Franceinfo a interrogé Marie-Hélène Baconnet, qui est partie sur les traces du renard polaire, désormais en concurrence avec son cousin des régions tempérées.

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FRANCEINFO

Marie-Hélène Baconnet est réalisatrice de documentaires animaliers. En novembre 2016, elle est partie sur les traces du renard polaire pour son film Le Renard polaire après l'Eden. Mais elle a fait face à un contretemps auquel elle ne s'attendait pas, et qui illustre les conséquences du changement climatique sur les animaux, comme le racontent des documentaristes à franceinfo"On est allés dans un endroit qui est bien connu de tous les photographes et cinéastes animaliers : la baie d’Hudson, raconte-t-elle à franceinfo. On était avec un guide qui connaissait le coin par cœur. Il nous a dit : 'Même dans Churchill (Canada), il y a des terriers de renards polaires'." Et la réalisatrice de poursuivre :

En fait, on a trouvé plusieurs couples de renards roux.

Marie-Hélène Baconnet

à franceinfo

Pour filmer les animaux tant recherchés, Marie-Hélène Baconnet a dû se rendre quelques dizaines de kilomètres plus au nord.

Un cousin qui malmène le renard polaire

A cause du réchauffement climatique, le renard roux, qui vit habituellement en lisière des forêts de zones tempérées, a en effet tendance à remonter vers le nord. Le renard polaire se retrouve alors concurrencé sur son territoire par son cousin roux. Or, ce dernier malmène le premier. Fort de son gabarit et de son poids deux fois plus important, le renard roux mange les proies du renard polaire, tue ses petits et le chasse de ses terriers. Le plus frêle est alors contraint de se déplacer.

Pour résumer la situation, Marie-Hélène Baconnet cite un scientifique canadien, qui lui avait dit : "Le problème, quand le climat se réchauffe, c’est que les animaux remontent vers le Nord, mais quand ils vont arriver au sommet, ils ne pourront pas redescendre de l’autre côté." La réalisatrice ne cache pas son inquiétude. Elle rappelle que, habituellement, l'adaptation des animaux aux changements "s’étale sur plusieurs centaines de milliers d’années". Sauf que nous sommes désormais "face à un phénomène très rapide et très important".

Un renard polaire dans le nord du Canada, en 2016.
Un renard polaire dans le nord du Canada, en 2016. (FRANCE 5)