VIDEO. Réchauffement climatique : de retour après un an dans l'Arctique, l'expédition Mosaic dresse un constat alarmant

"La banquise dans l'Arctique fond à une vitesse dramatique", a assuré le chef de la plus ambitieuse mission jamais menée au pôle Nord.

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"Ce monde est menacé". Lors de la conférence de presse, lundi 12 octobre, organisée pour le retour du brise-glace Polarstern, le chef de la mission Mosaic, Markus Rex, n'a pas hésité à en remettre une couche : la banquise d'été est "en train de disparaître". Après 389 jours en mer et d'exploration de l'Arctique, la plus ambitieuse expédition jamais menée au pôle Nord a regagné le port de Bremerhaven, en Allemagne"Nous avons repoussé les limites de ce que nous pouvons faire en matière de recherche dans l'Arctique (...) L'expédition marque une étape historique dans la recherche au pôle Nord", s'est félicité Markus Rex.

Mais ce qu'ont vu la centaine d'experts et de scientifiques venus de 20 pays en un an n'incite pas à l'optimisme, bien au contraire. "La banquise dans l'Arctique fond à une vitesse dramatique, a assuré le chef de la mission, si le changement climatique se poursuit comme cela, alors dans quelques décennies, nous aurons un Arctique libéré des glaces durant l'été." "Nous devons tout faire pour préserver (...) la banquise dans l'Arctique pour les générations futures, et nous devons tenter de saisir la petite chance que nous avons encore de pouvoir le faire", a-t-il lancé.

150 térabits de données amassées

Pendant un an, le Polarstern s'est laissé glisser avec les glaces selon la dérive polaire, ce courant océanique qui s'écoule d'est en ouest dans l'océan Arctique. Pour mener à bien les recherches, un camp avait été établi, amarré à un morceau de banquise et composé de quatre stations scientifiques dans un rayon allant jusqu'à 40 km autour du bateau. Les experts ont récolté plus de 150 térabits de données ainsi que de nombreux échantillons de glace et d'eau. Ils promettent de livrer des informations précieuses pour comprendre les processus complexes en jeu au pôle Nord qui conduisent à un réchauffement climatique plus accéléré encore dans cette région que dans le reste du monde. 

Le diagnostic a été confirmé par des observations satellites aux Etats-Unis. Elles ont révélé que la banquise d'été avait fondu jusqu'à former la deuxième superficie la plus petite jamais enregistrée (après celle de 2012). En hiver, où ils ont affronté la nuit absolue pendant plusieurs mois, tout en faisant face à la visite d'une soixantaine d'ours polaires, les scientifiques ont également mesuré des températures beaucoup plus chaudes qu'il y a quelques décennies. Les résultats des analyses devraient être connus d'ici un an ou deux.

Le brise-glace \"Polarstern\" lors de sa mission dans l\'Arctique, le 27 mai 2020.
Le brise-glace "Polarstern" lors de sa mission dans l'Arctique, le 27 mai 2020. (LUKAS PIOTROWSKI / ALFRED WEGENER INSTITUT / AFP)