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On vous explique pourquoi Ferrari (et d'autres marques de luxe) pourraient continuer à vendre des voitures thermiques après 2035

Un amendement a été voté au Parlement européen grâce au lobbying de certains élus italiens. Ce dernier crée des exceptions à la règle générale pour les constructeurs qui produisent peu de véhicules.

Article rédigé par Robin Prudent
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Une voiture de la marque Ferrari, le 29 janvier 2020 à Paris. (DANIEL PIER / NURPHOTO / AFP)

La marque de voiture de luxe Ferrari pourra-t-elle continuer à vendre des bolides avec un moteur thermique après 2035 ? La question a divisé le Parlement européen, mercredi 8 juin, lors du vote sur l'interdiction de la vente de voitures neuves dotées de moteur à essence, diesel ou hybride d'ici 2035. Si cette règle générale a été adoptée (de justesse) par les eurodéputés, un amendement laisse la porte ouverte à des exceptions.

En cause, l'amendement dit "Ferrari" (document en PDF) qui prévoit que les exigences de réduction d'émission pour tous les constructeurs présents sur le marché de l'Union européenne doivent être harmonisées, "sauf pour les constructeurs qui représentent moins de 1 000 véhicules neufs immatriculés au cours d'une année civile". Des demandes de dérogations peuvent aussi être déposées jusqu'au 1er janvier 2036 pour "les constructeurs qui représentent entre 1 000 et 10 000 voitures particulières nouvellement immatriculés au cours d'une année civile".

Concrètement, les constructeurs de niche qui produisent relativement peu de véhicules par an pourraient donc continuer de fabriquer des voitures à essence, diesel ou hybrides sans limitation de temps. Cela pourrait concerner des marques de luxe telles que Bugatti. De leur côté, les constructeurs qui produisent entre 1 000 et 10 000 voitures par an ne seraient pas soumis à la réduction progressive de la vente de véhicules thermiques en 2030 puis à l'interdiction totale de vente de ces motorisations en 2035. En revanche, ces constructeurs, comme Ferrari ou Lamborghini, devraient bien s'y plier un an plus tard, au 1er janvier 2036.

Un texte qui reste à adopter définitivement

Derrière cet amendement se cache notamment le lobbying d'eurodéputés italiens, soucieux de protéger les fleurons transalpins de l'automobile. Dès septembre 2021, le gouvernement italien poussait en ce sens auprès de la Commission européenne. "Ces voitures nécessitent des technologies très spécifiques et des batteries de haute performance pour opérer cette transition", avait justifié le ministre de la Transition écologique, Roberto Cingolani, ancien membre non exécutif du conseil d'administration de Ferrari, auprès de la chaîne Bloomberg (en anglais).

Finalement, l'amendement Ferrari a été adopté mercredi avec les voix des eurodéputés d'extrême droite, de droite et une partie des députés de centre-droit et socialistes. De quoi faire réagir l'opposition de gauche et écologiste. "C'est le symbole de l'injustice sociale et climatique", cingle par exemple Marie Toussaint, eurodéputée d'Europe Ecologie-Les Verts, auprès de franceinfo.

Reste que cette réglementation n'est pas encore adoptée. La prochaine étape se jouera devant le Conseil des ministres de l'Union européenne. Les eurodéputés doivent encore négocier avec les Etats membres afin d'obtenir un accord. "La balle est dans le camp du gouvernement français, note l'eurodéputée écologiste Karima Delli à franceinfo. J'appelle la France à corriger le tir pour que cette législation soit plus ferme." Les constructeurs de luxe n'ont pas encore gagné leur bras de fer avec l'Europe.

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