Marche pour le climat à Paris : "On espère que cet électrochoc citoyen va devenir un électrochoc politique"

Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace France, estime que la mobilisation cityenne pour le climat est "un premier pas".

Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, le 27 février 2018.
Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, le 27 février 2018. (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

"C’est peut-être la première fois qu'il y a un vrai mouvement global", s'est réjoui sur franceinfo Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, qui participe samedi 8 septembre à la marche pour le climat à Paris. Plusieurs événements semblables sont organisés partout en France et dans le monde, à l'occasion de la journée mondiale pour le climat.

"Il faut maintenant transformer cette prise de conscience en passage à l’acte"poursuit Jean-François Julliard. Il espère que "cet électrochoc citoyen va devenir un électrochoc politique".

franceinfo : Que des citoyens prennent la main sur ce dossier, est-ce que c’est une bonne chose ?

Jean-François Julliard : Oui, c’est une excellente nouvelle. Tous ceux qui se mobilisent pour ces questions-là sont les bienvenus, ça fait des années qu’on demande cette mobilisation citoyenne, donc on est très heureux. Plus on sera nombreux mieux c’est, et plus il y a d’événements autour de la planète, plus c’est encourageant.

Est-ce que ce n’est pas un aveu d’échec ? Après tout ce que vous avez fait on en est toujours au même point.

Non, parce que les organisations comme Greenpeace ou d’autres sont aussi composées de citoyens. On a toujours compté sur eux et on a toujours eu besoin d’eux pour mener des actions. Ce qui est important aujourd’hui, c’est de donner de l’ampleur à ce mouvement-là. C’est aussi parce que les organisations travaillent sur ces sujets-là depuis des années que les citoyens ont un niveau d’information et une prise de conscience suffisante pour passer à l’action. Il faut maintenant transformer cette prise de conscience en passage à l’acte. Ce qui se passe aujourd’hui est un premier pas, il faut que ça continue et on espère que ça va continuer.

Est-ce que la démission de Nicolas Hulot peut être un tournant dans la mobilisation ?

Oui, j’espère que c’est un tournant. Visiblement beaucoup de personnes venues à cette marche avancent la démission de Nicolas Hulot et son discours comme motivation pour venir aujourd’hui, donc tant mieux. C’est un peu l’électrochoc qu’il a souhaité quand il a démissionné. On espère que l’essai va être transformé et que cet électrochoc citoyen va devenir un électrochoc politique. On a aussi besoin d’un répondant du côté politique, du côté du gouvernement et de la part d’Emmanuel Macron lui-même pour enfin avoir une politique environnementale ambitieuse. Ce qui bloque c’est la difficulté qu’ont les responsables politiques même quand ils ont envie d’avancer. Ils se retrouvent empêtrés dans des contradictions, et bien souvent prendre des mesures nécessaires pour la planète et la protection de l’environnement sont des mesures qui, à court terme, peuvent avoir un impact qui peut être jugé comme négatif sur l’économie. Mais il faut en passer par là, penser plus loin et prendre les mesures qui s’imposent, développer les énergies renouvelables c’est absolument nécessaire et ça veut dire fermer les centrales nucléaires. Donc c’est un problème compliqué pour le gouvernement, mais qui doit être pris à bras-le-corps parce que sinon on n’avancera pas et la France ne sera pas le pays exemplaire voulu par Emmanuel Macron.