Le réchauffement climatique pourrait signer l'extinction des ours polaires d'ici à 2100

C'est ce que prévoient des chercheurs dans une étude publiée lundi dans "Nature Climate Change". 

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France Télévisions
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Un ours polaire sur la banquise à Churchill (Manitoba, Canada), le 14 novembre 2015. (KT MILLER / POLAR BEARS INTERNATIONAL / AFP)

Sans banquise, les ours polaires meurent de faim. Alors si les émissions de gaz à effet de serre continuent à augmenter, le réchauffement pourrait signer la quasi-extinction de ces plantigrades emblématiques de l'Arctique d'ici à la fin du siècle, préviennent des chercheurs dans une étude publiée lundi 20 juillet dans Nature Climate Change (en anglais). 

Le carnivore, qui vit dans les régions arctiques où la température peut descendre jusqu'à -40 °C en hiver, peut jeûner pendant des mois, notamment pendant la période estivale où la banquise fond chaque année. Mais avec le réchauffement de la planète, deux fois plus rapide en Arctique, l'absence de glace dure de plus en plus longtemps. Incapables de trouver dans leur environnement une autre alimentation aussi riche que les phoques, de plus en plus d'ours affamés s'aventurent déjà parfois loin de leur territoire, près de zones habitées.

Les femelles et leurs petits exposés

La fonte de la banquise est un défi en particulier pour les femelles, qui entrent à l'automne dans leur tanière pour mettre bas au milieu de l'hiver et émerger au printemps avec leurs oursons. "Elles doivent alors attraper assez de phoques pour stocker suffisamment de gras et produire suffisamment de lait pour nourrir leurs petits pendant tout le jeûne de l'été", explique Steven Amstrup, l'un des auteurs de l'étude et scientifique en chef de l'ONG Polar Bears International.

"En estimant le poids maximal et minimal des ours, et en modélisant leur dépense énergétique, nous avons calculé le nombre limite de jours de jeûne que peut supporter un ours polaire avant que le taux de survie des adultes et des petits commence à décliner", ajoute Peter Molnar, de l'université de Toronto. Par exemple, un mâle de la sous-population de la Baie d'Hudson d'un poids 20% en dessous de la normale au début du jeûne ne survivrait que 125 jours, contre 200 aujourd'hui.

Les quelque 25 000 ours polaires sont répartis en 19 sous-populations distinctes au Canada, en Alaska, en Sibérie, au Svalbard et au Groënland, dont certaines sont mal connues. Selon l'étude publiée lundi, ces groupes ne seront pas tous touchés au même rythme.

"Envisager d'abattre les derniers"

Mais si les émissions de gaz à effet de serre continuent à la même cadence qu'aujourd'hui, "la chute de la reproduction et de la survie va mettre en danger la persistance de presque toutes les sous-populations d'ici à 2100", concluent les chercheurs. A l'exception peut-être de l'île de la Reine-Elisabeth, note Steven Amstrup.

Et même si le réchauffement était limité à 2,4 °C par rapport à l'ère pré-industrielle –près d'un demi-degré au dessus de l'objectif de l'Accord de Paris –, cela "ne garantirait pas de sauver les ours polaires à long terme", insiste le scientifique.

Pour sauver l'espèce, certains évoquent une réintroduction d'animaux élevés en captivité, voire leur déménagement vers l'Antarctique. Infaisable, selon Steven Amstrup : "Il faudra peut-être envisager d'abattre les derniers ours polaires, au lieu de les laisser mourir de faim."

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