"Des salades pas du béton" : des centaines d'opposants au projet Europacity à l'arrivée de la marche à Matignon

Europacity, plus gros investissement privé en France depuis Disneyland Paris, entend s'implanter en 2027 au nord de la capitale. Le projet est dénoncé par des écologistes et habitants.

Des opposants à Europacity arrivent à Matignon à Paris, le 5 octobre 2019.
Des opposants à Europacity arrivent à Matignon à Paris, le 5 octobre 2019. (JACQUES DEMARTHON / AFP)
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Ils étaient une centaine au départ de leur marche vendredi et ont terminé à plusieurs centaines près de Matignon, samedi 5 octobre. Les opposants au projet de mégacomplexe Europacity étaient partis à pieds du "triangle de Gonesse" (Val-d'Oise), terres agricoles où doit s'implanter d'ici 2027 ce grand centre de commerces et de loisirs. Ils ont achevé leur marche samedi en fin d'après-midi près des bureaux du Premier ministre.

Une délégation a demandé à être reçue à Matignon, sans succès. "On nous a renvoyé vers la ministre de l'Environnement", Elisabeth Borne, explique aux manifestants, Bernard Loup, chef de file des opposants.

"Des rumeurs d'abandon"

La ministre a mené ces dernières semaines une vaste consultation, en recevant tous les acteurs de ce projet décrié, dont les opposants. "Des rumeurs évoquent un abandon d'Europacity", poursuit Bernard Loup, "mais rien n'a été dit, ne crions pas victoire", ajoute-t-il.

Le projet de 430 000 mètres carrés et 3,1 milliards d'euros est porté par Ceetrus, foncière du groupe Auchan, et le conglomérat chinois Wanda. Ses opposants dénoncent un "cannibalisme commercial organisé" menaçant les commerces existants et les centres-villes des alentours. "C'est irresponsable de vouloir bétonner les terres les plus fertiles d'Ile-de-France", déjà entourées par l'autoroute A1 et la D317, insistait déjà en août Bernard Loup.

Un projet alternatif proposé

Outre l'abandon d'Europacity, les opposants réclament aussi le report du chantier de la gare de métro qui doit desservir la zone, l'arrêt de l'ensemble des projets d'urbanisation du site et demandent la "préservation des terres agricoles".

Le collectif d'opposants défend un projet alternatif, Carma (Coopération pour une ambition rurale et métropolitaine d'avenir), pour le maintien de la vocation agricole du Triangle de Gonesse et la création d'emplois tournés vers l'agriculture durable, l'alimentation, l'éco-construction.