Sommet sur le climat : "Les États ne tiennent pas les promesses" de l'accord de Paris

Pour la responsable des politiques de transports au Réseau Action Climat, Lorelei Limousin, "les États ne tiennent pas les promesses qu'ils ont prises" lors de la COP21. 

FRANCEINFO

Deux ans après la COP 21, Paris accueille un nouveau sommet sur le climat, mardi 12 décembre. Le One Planet Summit se déroule à la Seine Musicale, sur l'île Seguin, à Boulogne-Billancourt, où une cinquantaine de dirigeants, chefs d'entreprises et ONG seront rassemblés.

"L'urgence climatique s'accélère", a réagi Lorelei Limousin, responsable des politiques de transports au Réseau Action Climat sur franceinfo, mardi. "En France, on fait partie des quatre derniers pays au niveau européen sur les énergies renouvelables", a poursuivi Lorelei Limousin. Pour elle, "il faut agir tout de suite".

franceinfo : Pensez-vous ce nouveau sommet utile ?

Lorelei Limousin : L'urgence climatique s'accélère et il faut agir tout de suite, sans plus attendre. On est deux ans, jour pour jour, après l'accord de Paris et les États ne tiennent pas les promesses qu'ils ont prises dans ce cadre-là, qui est de maintenir la hausse des températures à 2 degrés, voire 1,5 degré. 

En novembre dernier, des scientifiques nous ont dit qu'on prenait une trajectoire de hausse des températures de plus de 3 degrés.

Lorelei Limousin, responsable des politiques de transports au Réseau Action Climat

à franceinfo

Ce qui est catastrophique. Cela signifie des événements climatiques de plus en plus extrêmes, une aggravation de la pauvreté et la faim dans le monde. On attend des mesures très concrètes comme le doublement des financements climats et une accélération de la transition énergétique. En France, on fait partie des quatre derniers pays au niveau européen sur les énergies renouvelables. On attend des décisions sur les transports, sur Notre-Dame-des-Landes aussi.

En France, on ne fait pas assez depuis deux ans ?

Il y a eu des avancées mais, elles ne sont pas à la hauteur des enjeux. Il y a notamment la fin des soutiens publics aux énergies fossiles. Ce qui est paradoxal, c'est que les États s'engagent à maintenir la hausse des températures, or les émissions de gaz à effets de serre sont principalement causées par les énergies fossiles et ces énergies fossiles sont plus soutenues publiquement par l'argent du contribuable plutôt que les solutions comme les énergies renouvelables.

Y a-t-il encore des investissements en France, dans le charbon, dans le gaz ?

Il y a encore des projets d'énergies fossiles. La fiscalité n'est toujours pas adaptée, comme pour le diesel. Mais, il y a encore, en France, plus de 7 milliards d'euros, qui sont des niches fiscales qui bénéficient aux énergies fossiles, notamment dans le transport aérien et routier. Dans le domaine de la finance, les banques françaises ont encore investi plus de 10 milliards d'euros ces quatre dernières années dans le charbon. Il faut arrêter cela et réorienter ces investissements vers les solutions.

Lorelei Limousin, responsable des politiques de transports au Réseau Action Climat, le 12 décembre 2017.
Lorelei Limousin, responsable des politiques de transports au Réseau Action Climat, le 12 décembre 2017. (FRANCEINFO)