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Colombie : une coulée de boue fait plus de 200 morts, des centaines de blessés et disparus

Le dernier bilan de la Croix-Rouge fait état de 234 morts, des centaines de blessés et disparus dans la ville de Mocoa ravagée, vendredi soir, par cette catastrophe.

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France Télévisions
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Les secours colombiens recherchent des corps après qu'une gigantesque coulée de boue a fait plus de 200 morts à Mocoa, vendredi 31 mars 2017. (JAIME SALDARRIAGA / REUTERS)

La Colombie est en deuil après une gigantesque coulée de boue qui a fait plus de 200 morts, des centaines de disparus et de blessés, après les fortes pluies affectant la région andine, dont aussi le Pérou et l'Equateur.

La Croix-Rouge a répertorié 234 morts, 202 blessés et 220 disparus, après cette catastrophe qui a ravagé, vendredi 31 mars au soir, la ville de Mocoa, chef-lieu du Putumayo, dans le sud du pays, et dont le bilan pourrait encore s'alourdir.

L'état de "calamité publique" déclaré

"Nos cœurs sont avec les familles des victimes et les personnes affectées par cette tragédie", a tweeté le président Juan Manuel Santos, qui a pris sur place la direction des secours et déclaré l'état de "calamité publique" pour les "accélérer".

Les images de cette ville de 40 000 habitants, privée d'électricité et d'eau courante, sont impressionnantes : rues envahies de boue et de rochers, militaires portant des enfants dans les décombres, habitants en larmes, voitures écrasées et déchets partout.

"On pouvait entendre le bruit que faisait la rivière et c'est pour ça que ma famille est sortie, parce qu'on a su que l'avalanche arrivait", a décrit Harvey Gomez. Alors que la nuit tombait, ce fonctionnaire de 38 ans tentait de récupérer le peu qui pouvait être sauvé dans sa maison dévastée.

Parlant d'une catastrophe de "grande dimension", le directeur du service de secours de la Croix-Rouge, César Urueña, a précisé que 300 familles étaient affectées, 17 quartiers gravement endommagés et 25 bâtiments d'habitation détruits.

"De l'eau jusqu'au cou"

De nombreux rescapés ont raconté qu'ils s'étaient juchés sur les toits parce que l'eau leur arrivait jusqu'au cou. Lina Marcela Morales cherchait samedi cinq de ses proches qui "dormaient et n'ont pas eu le temps de sortir de leur maison, déjà inondée", selon son récit diffusé par la présidence.

"Il y a beaucoup de gens dans les rues, beaucoup de sinistrés, de nombreuses maisons détruites", a déclaré par téléphone Hernando Rodriguez, un habitant de 69 ans. Selon ce retraité, "les gens ne savent que faire", "on n'était pas préparés" à une telle catastrophe. "Nous avons du mal à nous rendre compte de ce qui nous est arrivé", a-t-il ajouté.

De violentes pluies, dues au phénomène climatique El Niño, affectent depuis plusieurs semaines la région des Andes, dans le nord-ouest de l'Amérique latine. Dans la soirée de vendredi, il est tombé 130 millilitres de pluie, soit 30% de la moyenne mensuelle à Mocoa. La catastrophe s'est produite à la suite du débordement des rivières Mocoa, Mulato et Sangoyaco, qui coulent en surplomb de la ville.

Plus d'un millier de militaires et policiers mobilisés

Les pluies sur Mocoa devraient aller "en décroissant progressivement" à partir de dimanche, a précisé Diego Suarez, de l'Institut d'hydrologie, de météorologie et d'études environnementales de Colombie (Ideam). Plus d'un millier de militaires et de policiers participent aux secours, selon le ministre de la Défense Luis Carlos Villegas, également sur place, comme d'autres membres du gouvernement.

Selon l'Unité nationale de gestion des risques de catastrophe (UNGRD), plus de sept tonnes de matériel médical et d'approvisionnement en eau et en électricité ont été expédiées à Mocoa.

La France, l'Union européenne, l'Allemagne, l'Espagne, le Brésil, l'Equateur et le Venezuela, parmi d'autres, ont exprimé leur solidarité.

Le "changement climatique génère des dynamiques et nous en voyons les graves résultats en termes d'intensité, de fréquence et de magnitude (...) comme à Mocoa", a déploré le chef de la délégation de l'ONU en Colombie, Martin Santiago.

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