Climat : l'usine Arcelor Mittal de Dunkerque teste une tour pour capter ses émissions de CO2

Le dispositif, lancé en mars 2022 par le groupe sidérurgique, a pour objectif de stocker et réutiliser les 11 millions de tonnes de CO2 émises chaque année par le site.

Article rédigé par
Olivia Chandioux - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
La tour installée par Arcelor Mittal à Dunkerque (Nord), le 11 février 2022. (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

À Dunkerque (Nord), de grands tuyaux conduisent les fumées des hauts-fourneaux d'Arcelor Mittal jusqu'à une tour métallique jaune de 22 mètres de haut. Son rôle : capter le CO2 émis par les installations. Cette technique de captage du CO2 est actuellement en test dans ce qui est la plus grosse usine d'acier d'Europe. C'est également l'une des pistes préconisées par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) pour limiter le réchauffement climatique causé par l'industrie. Le groupe sidérurgique espère que cette innovation permettra, d'ici 2025, de capter un millions de tonnes de CO2 par an. 

Dans les colonnes de cette tour, le gaz est filtré. "Vous avez ce qu'on appelle une amine - grosso modo une molécule proche d'un solvant - qui va être au contact des fumées et capter le CO2"explique Matthieu Jehl, directeur général d'Arcelor Mittal France. "On va ensuite reprendre cette amine dans un autre réacteur et, en chauffant, le CO2 va se reséparer. On va donc récupérer un CO2 extrêmement pur alors qu'il était mélangé dans le reste de nos fumées."

L'enjeu : réutiliser le gaz stocké

Pour Arcelor Mittal, tout l'enjeu de ce démonstrateur est de pouvoir poursuivre sa production d'acier sans émettre de dioxyde de carbone. Des projets similaires se multiplient dans l'industrie : 40 millions de tonnes de CO2 ont ainsi été captées dans le monde en 2021. Que faire ensuite de ce gaz ? "Vu les quantités de CO2, on n'a pas d'autre choix que de le stocker dans le sous-sol, c'est une façon d'éviter qu'il ne retourne dans l'atmosphère", affirme Florence Delprad-Jannaud, coordinatrice CO2 au laboratoire Ifp Énergies nouvelles (Ifpen), qui a mis au point le procédé de Dunkerque. "On va donc tout simplement le transporter par bateau ou gazoduc jusqu'à un site de stockage, comme au large de la Norvège ou aux Pays-Bas", poursuit Florence Delprad-Jannaud.

Ce projet rassemble plusieurs partenaires, notamment TotalEnergies, qui pourrait le déployer dans ses raffineries. L'autre enjeu, auquel réfléchit Total, est d'utiliser les millions de tonnes de gaz récupérées. "On peut récupérer ce CO2 et le faire réagir avec l'hydrogène vert pour faire, par exemple, du méthanol qu'on peut utiliser tel quel comme carburant pour les bateaux", détaille Philipp Llewellyn, responsable du programme recherche et développement CO2 au sein de l'entreprise. "On peut aussi le transformer en carburant pour des avions." Le site Arcelor Mittal de Dunkerque relâche, à lui seul, plus de 11 millions de tonnes de CO2 chaque année dans l'atmosphère. Le captage en phase de test doit permettre de réduire de 8% les émissions d'ici à 2030.

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