Climat : l'Arctique se réchauffe trois fois plus vite que l'ensemble de la planète, selon un rapport international

De 1971 à 2019, la température moyenne annuelle y a grimpé de 3,1°C, quand la planète se réchauffait au même moment de 1°C, selon un rapport publié jeudi.

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Des rennes au Svalbard (Norvège), le 3 octobre 2019. (MAGNUS MARTINSSON / TT NEWS AGENCY / AFP)

L'Arctique se réchauffe trois fois plus vite que la planète, soit une poussée du thermomètre plus rapide que ce que l'on croyait jusqu'ici, selon un rapport du Programme de surveillance et d'évaluation de l'Arctique (AMAP) paru jeudi 20 mai.

En moins d'un demi-siècle, de 1971 à 2019, la température moyenne annuelle y a grimpé de 3,1°C, quand la planète se réchauffait au même moment de 1°C. Dans son précédent rapport en 2019, l'AMAP indiquait que le réchauffement dans l'Arctique atteignait "plus du double de la moyenne mondiale".

Selon les chercheurs, un point de bascule s'est produit en 2004 avec un bond du thermomètre, encore largement inexpliqué, au-dessus du cercle polaire, après quoi le réchauffement s'y est poursuivi à un rythme 30% plus élevé qu'avant.

De graves conséquences

La région voit aujourd'hui "des épisodes de chaleur hivernaux plus nombreux et plus longs", explique le glaciologue américain Jason Box. Ce n'est pas fini puisque, selon les projections citées par le rapport, les températures moyennes de l'Arctique devraient d'ici la fin du siècle grimper entre 3,3°C et 10°C au-delà de leur moyenne sur la période 1985-2014, le chiffre exact dépendant du volume des futures émissions de gaz à effet de serre.

Le réchauffement de ces contrées a des conséquences immédiates sur les écosystèmes : modification de l'habitat, des habitudes alimentaires et des interactions de la faune, dont l'iconique ours polaire, voire migration de certaines espèces... De la Sibérie à la Suède en passant par l'Alaska, les feux de forêt incontrôlables sont devenus une problématique familière.

Les conséquences sont également dramatiques pour les 4 millions de personnes qui vivent sous ces latitudes, particulièrement les populations indigènes. "Les chasseurs dans le nord-ouest du Groenland disent que la période durant laquelle il est possible de se déplacer avec des traîneaux à chien est tombée de cinq à trois mois", souligne la chercheuse américaine Sarah Trainor.

Les effets du réchauffement dans la région sont ressentis bien au-delà. Ainsi, la fonte de centaines de milliards de tonnes de glace chaque année au Groenland se traduit par une élévation du niveau des mers qui met en péril des populations situées à des milliers de kilomètres.

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