VIDEO. Canicule : dans le BTP, "on est obligés de travailler, c'est la période où on a des chantiers à faire"

"On a pris des engagements, il faut qu'on les respecte", explique le président de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment, Patrick Liébus.

FRANCEINFO

"On est obligés de travailler, il n'y a pas de solution", a expliqué sur franceinfo jeudi 25 juillet Patrick Liébus, le président de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), alors que 20 départements sont placés en vigilance rouge à la canicule. Cela concerne le nord de la France et l'Île-de-France, 60 autres départements sont placés en vigilance orange.

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franceinfo : La canicule peut-elle gêner votre activité dans une période, l'été, où il y a généralement beaucoup de chantiers ?

Patrick Liébus : Oui, parce que c'est la période où on a des chantiers à faire. Quand on travaille sur des appels d'offre dans les écoles, par exemple, ça doit être fait dans la période de fermeture. On est donc obligés de travailler, il n'y a pas de solution. Les salariés ont ensuite le droit à des congés, donc c'est assez compliqué de s'adapter dans ces conditions-là. Il y a des milliers de chantiers en cours dans toute la France. Les entreprises tournent à plein. On va ensuite entrer dans la période de l'automne et de l'hiver, donc il faut absolument qu'on fasse tous ces chantiers dans cette période. On a pris des engagements, il faut qu'on les respecte.

Certains font-ils le choix de s'arrêter à cause de la canicule ?

Oui, bien sûr. Les salariés ont un droit de retrait. Quand il fait trop chaud, ils ont le droit de dire qu'ils arrêtent de travailler. À partir du moment où on est au-dessus de 30°C sur des périodes répétées, on doit pouvoir essayer de chercher des solutions. L'une d'entre elles est de démarrer plus tôt le matin, mais ce n'est pas toujours évident. La plupart des chantiers démarrent à 6 heures du matin quand on peut le faire et on essaie de ne travailler que sur la matinée, pour éviter d'atteindre les températures les plus élevées. En couverture, en charpente ou dans d'autres métiers, on est obligés de travailler beaucoup plus tôt, à condition que le client l'accepte. Dans des écoles, on peut parce qu'il n'y a pas de client sur place. Chez les particuliers, c'est très compliqué.

Comment est-ce qu'on s'adapte à la canicule, quand on travaille dans le bâtiment ?

Il y a déjà une obligation de porter une casquette ou un chapeau pour se protéger. Il faut de préférence que cela protège aussi la nuque, c'est extrêmement important. Il faut aussi obligatoirement mettre un tee-shirt : se mettre torse nu est la pire des choses à faire parce qu'il faut quelque chose qui absorbe la transpiration. Il faut également se protéger les yeux et mettre de la crème solaire pour ceux qui en ont. En tous les cas, on met à disposition des grosses quantités d'eau fraîche dans des frigidaires et les salariés se servent. C'est une obligation, il faut leur mettre à disposition au minimum deux litres d'eau, mais on leur en met bien plus car on consomme plus que ça. Ensuite, s'il y a une zone avec un puisage d'eau, un tuyau d'arrosage ou autres, on demande l'autorisation de pouvoir l'utiliser, ce qui fait qu'on s'arrose un peu.

Un homme travaille sur un site de travaux, à Paris, le 26 juin 2019 (illustration).
Un homme travaille sur un site de travaux, à Paris, le 26 juin 2019 (illustration). (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)