Manuel Valls : portrait du nouveau Premier ministre

a revoir

Présenté parMarie Drucker

Diffusé le 06/04/2014Durée : 00h30

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C'était vendredi dernier. Manuel Valls rejoint son bureau à Matignon. Il sort de l'Elysée, de son premier Conseil des ministres en tant que chef du gouvernement. Ce bureau, la fonction, Matignon, il connaît bien. cette fois-ci.

Le fait d'y rentrer cette fois-ci comme Premier ministre, de succéder à Michel Rocard et à Lionel Jospin avec qui j'ai travaillé, ça réveille beaucoup de souvenirs, d'émotion et de responsabilité. Nous ne sommes pas des machines, nous sommes des êtres humains avec un passé, une sensibilité.

Premier ministre, une volonté, une ambition construite avec méthode au fil des mois. Octobre 2013, Manuel Valls, alors ministre de l'intérieur, part aux Antilles en pleine affaire Leonarda, cette jeune Kosovarde expulsée avec sa famille. Jean-Marc Ayrault prend position.

S'il y a eu faute, l'arrêté de reconduite à la frontière sera annulé, cette famille reviendra pour que sa situation soit examinée.

Ici, je ne parlerai que de la Martinique, de la Guadeloupe et de Saint-Martin! Cette règle, vous allez l'observer du début à la fin.

En coulisses, Manuel Valls refuse tout retour de la famille en France. Le rapport de forces s'installe. Coups de téléphone, messages, le ministre met sa démission dans la balance. Une solution médiane est trouvée.

Leonarda, si elle en fait la demande, compte tenu des circonstances, et si elle veut poursuivre sa scolarité en France, un accueil lui sera réservé, à elle seule.

L'épisode est passé, la machine Valls est en route. Le ministre prend le temps d'une tournée en Afrique. Manuel Valls se démarque du style Ayrault.

Dans l'art de la guerre, dont on dit que la politique est le prolongement, il faut la ruse, la défense. Moi, je suis plutôt à l'offensive.

Fébrile, au pas de course, et avec autorité comme d'habitude, il travaille sa stature internationale.

Je me demande bien pourquoi je n'étais jamais venu en Côte d'Ivoire.

Un accueil de chef d'Etat lui est offert.

Il ne faut jamais oublier le Premier ministre.

Officiellement, Manuel Valls ne pense pas à Matignon, mais ses mots disent déjà tout le contraire.

Les électeurs de gauche demandent qu'on tienne bon, qu'on se batte, que nous soyons des combattants. Ils demandent un combat.

Dans l'immédiat, c'est un combat contre l'humoriste Dieudonné qu'il livre. Dans la bataille, il perd des points dans les sondages, notamment à gauche. Mais la débâcle des municipales est telle qu'il s'impose comme Premier ministre, un défi immense.

C'est difficile mais c'est peut-être pour cela qu'on m'a confié cette mission. De toute façon, on n'a pas le choix. Quand on s'engage dans la chose publique, à servir l'intérêt général, les Français, on accède à des responsabilités et on les assume.

Après ses ambitions personnelles, Manuel Valls devra dévoiler ses ambitions pour la France.

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