Une note interne sexiste envoyée aux employés de Google fait polémique

Un ingénieur y explique la très faible présence des femmes dans le milieu des nouvelles technologies par des différences "biologiques".

Les locaux de Google à New York (Etats-Unis), le 26 janvier 2017.
Les locaux de Google à New York (Etats-Unis), le 26 janvier 2017. (SERGE ATTAL / ONLY WORLD / AFP)

La "tech", un milieu dominé par les hommes. C'est ce qu'une note interne partagée aux employés de Google explique. Envoyée au début du mois d'août par un des salariés du géant informatique, le texte explique la faible présence des femmes dans l'entreprise par des différences "biologiques", comme le montre le site Gizmodo (en anglais), qui s'est procuré le document. Google compte un tiers de femmes et deux tiers d'hommes. Et seuls 20% des développeurs et des ingénieurs sont des femmes.

Les femmes plus tournées vers "les sentiments" que vers "les idées"

L'employé qui a rédigé la note, un ingénieur, affirme que "les choix et les capacités des hommes et des femmes divergent, en grande partie, en raison de causes biologiques et donc ces différences peuvent expliquer pourquoi on n'a pas une représentation égale des femmes dans la tech et [dans les fonctions de] leadership". 

Les aptitudes naturelles des hommes les conduisent à devenir programmateurs en informatique, alors que les femmes sont, selon l'auteur, plus enclines "aux sentiments et à l'esthétique plutôt qu'aux idées", ce qui fait qu'elles optent pour des carrières "dans le social ou l'artistique".

Licencié par Google

L'auteur de la note a été renvoyé, lundi, par le géant de l'internet, ont affirmé plusieurs médias, comme Bloomberg News (en anglais). Cette agence, qu'elle identifie comme James Damore, aurait lui-même confirmé son renvoi. Google a indiqué que la compagnie "ne peut commenter les cas individuels d'employés".

Il faut dire que la note avait immédiatement fait réagir. "Ce sont des fadaises sexistes, habillées dans un discours sur la protection non méritée de la liberté d'expression", fustige la journaliste Kara Swisher, du site spécialisé Recode.net (en anglais). "Un article a circulé en interne au travail aujourd'hui, expliquant que les disparités entre hommes et femmes sont dues à des différences biologiques. Quel agréable sentiment", dénonce une employée de Google sur Twitter. "Ce document pourri n'est que bêtises. Vous êtes des collègues merveilleuses et je suis chanceux de travailler avec vous", ajoute un autre.

L'entreprise a rapidement réagi. "Ce n'est pas un point de vue que moi et l'entreprise soutenons, promouvons ou encourageons", a fermement rejeté Danielle Brown, la responsable diversité du géant de l'internet, dans un courriel envoyé aux salariés auquel a eu accès Vice (en anglais). Jugeant "incorrectes les hypothèses avancées sur le genre", elle affirme que "la diversité et l'inclusion sont une part fondamentale de nos valeurs et de la culture que nous cultivons".