Michel Combes : "Il n'y aura aucun licenciement sec chez SFR entre 2014 et 2019"

Alors que la CGT appelle les salariés de SFR à manifester ce mardi contre la suppression, d'ici à 2019, d'un tiers des effectifs, le PDG de SFR-Numéricable a estimé mardi sur France Inter que l'entreprise "devait s'adapter",  au nouveau contexte dans lequel évoluent les opérateurs télécoms en France.

Michel Combes, PDG de SFR-Numéricable
Michel Combes, PDG de SFR-Numéricable (ERIC PIERMONT / AFP)

Que répondez-vous aux salariés qui appellent à la grève ce mardi ?

Michel Combe : SFR-Numéricable propose des mesures généreuses à ses collaborateurs poussés vers la sortie. Il n'y aura aucun licenciement sec chez SFR entre 2014 et 2019. 

Combien d'abonnés compte aujourd'hui SFR-Numéricable en France?

Nous avons 12 millions d'abonnés sur le mobile, ce qui fait de nous le deuxième opérateur français. Et nous comptons 6,5 millions d'abonnés sur les box et le fixe.

La CGT et la CFE-CGC, s'opposent à votre plan de départ volontaire. Pourquoi une telle saignée dans les effectifs, quelle est votre stratégie d'entreprise?

C'est d'abord sur un plan de reconquête que nous engageons aujourd'hui. L'entreprise doit s'adapter à un contexte qui a évolué depuis plusieurs années. Bouygues l'a fait, Orange l'a fait, c'est aujourd'hui au tour de SFR de s'adapter. Le dialogue social est au cœur de l'entreprise SFR.

Nous avons signé début août un accord de transformation de l'entreprise avec les deux organisations syndicales les plus représentatives, qui souhaitaient accompagner les salariés dans l'évolution de l'entreprise. Il n'y aura aucun licenciement sec chez SFR entre 2014 et 2019. Vous connaissez beaucoup d'entreprises qui s'engagent sur cinq ans dans un plan de transformation et qui disent aux collaborateurs 'Il n'y aura pas de licenciement' ? Par contre, nous allons accompagner les collaborateurs, ceux qui restent, en leur offrant de nouvelles perspectives, et ceux qui partent en les accompagnant avec des mesures financières et en leur donnant le temps de trouver de nouvelles positions en dehors de l'entreprise.

On parle d'un coût de 800 millions d'euros pour ce plan social...

C'est un chiffre que j'ai lu, que j'ai entendu. Comme vous le savez, nous appliquons les mesures décidées par les précédents propriétaires de l'entreprise. Ce sont des mesures qui sont généreuses pour les collaborateurs, mais je pense que c'est normal, je pense que c'est naturel, l'entreprise doit accompagner sa transformation. Mais la réalité, c'est que vous perdez énormément de clients depuis des mois.

Comment prétendre en regagner en taillant dans les effectifs ?

C'est vrai que l'entreprise avait notablement sous-investi dans son réseau et avait laissé l'expérience client se dégrader. Depuis maintenant 18 mois, nous avons inversé, et nous avons mis les priorités qui conviennent pour reconquérir des clients, à commencer par un investissement dans le réseau sans précédent. Il s'agit de plus de deux milliards d'euros investis par an depuis 2015, ce qui fait de nous le 2e investisseur en terme d'infrastructures, juste derrière Orange, très loin devant les autres. Ça prend un tout petit peu de temps. L'ARCEP (le gendarme des télécoms, ndlr) vient d'ailleurs d'indiquer que nous avions regagné la deuxième place sur le podium en terme de qualité de service réseau sur le mobile.

Deuxième élément, la relation client, avec la bascule de cette relation client sur le numérique. Quand vous allez sur Amazon ou Uber, vous vous attendez à pouvoir interagir avec l'entreprise sur le numérique, c'est ce qu'on veut proposer désormais.

Donc vous supprimez des téléopérateurs ?

Ca fait évoluer le métier. Il faudra les deux, mais nous devons nous adapter aux exigences de nos clients, qui rajeunissent, qui veulent intervenir sur une interface numérique. Quand ils ont un problème de facture, veulent-ils vraiment passer par quelqu'un, non, ils veulent pouvoir avoir accès à une information simple et fluide sur l'interface numérique. Quand ils ont un problème de réseau, ce qu'ils préfèrent c'est qu'on les prévienne à l'avance plutôt que d'avoir à appeler.

Troisième élément pour la reconquête de client, l'offre et le service. Nous pensons que le client veut aussi une offre de contenu attractive. Nous avons lancé une offre 'Tout le sport et tout l'accès Internet' pour 29,99 euros et je peux vous dire que ces offres sont plébiscitées. Nous voulons repositionner SFR comme le leader du marché du très haut débit et du contenu en France, c'est ma stratégie.

Quelle est la dette du groupe Altice, qui possède SFR-Numéricable ?

Le groupe Altice c'est 49 milliards d'euros de dette, ce qui en valeur absolue peut paraître très important, mais ce niveau de dette doit être rapporté à la génération de cash de l'entreprise et aux multiples du secteur. Aujourd'hui nous sommes dans la moyenne du secteur. Le groupe Altice, c'est 25 milliards d'euros de chiffre d'affaires dans le monde, 50 000 collaborateurs et plus de 50 millions de clients. Aujourd'hui d'ailleurs, les marchés financiers accompagnent Altice, car le groupe est très solide, assis sur un pied français, et un pied américain.