Cybersécurité : Emmanuel Macron présente jeudi la stratégie française pour lutter contre les cyberattaques

Le chef de l'Etat doit annoncer une enveloppe d'un milliard d'euros, dont 720 millions de fonds publics, pour renforcer la filière.

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Le président de la République à l'Elysée lors d'une réunion par vidéoconférence avec des responsables de l'Union africaine, mercredi 17 février 2021. (GONZALO FUENTES / AFP)

La France contre-attaque. Face à la multiplication des cyberattaques et notamment celles qui ont touché les hôpitaux de Dax (Landes) et Villefranche-sur-Saône (Rhône), Emmanuel Macron présente jeudi 18 février la stratégie française pour lutter contre cette menace. Le chef de l'Etat doit annoncer une enveloppe d'un milliard d'euros, dont 720 millions de fonds publics, pour renforcer la filière et tripler son chiffre d'affaires à 25 milliards d'euros en 2025, selon l'Elysée. 

L'exécutif veut créer un "écosystème de la cybersécurité" en renforçant les liens entre recherche publique et privée, afin de réduire la part des acteurs étrangers qui représentent 30 à 40% du marché français. Au cœur de cette ambition, le futur "Campus Cyber" qui réunira sur 20 000 m2 à La Défense une soixantaine d'acteurs-clés du secteur (grands groupes, start-up, acteurs publics, organismes de formation, acteurs de la recherche et associations). 

Vingt-sept hôpitaux français attaqués en 2020

L'objectif est de doubler les effectifs de la filière, à 40 000 emplois, et de faire émerger au moins trois "licornes" (start-up dont la capitalisation dépasse un milliard de dollars). Parmi les sociétés les plus prometteuses, la présidence cite Vade Secure, Gatewatcher ou CybelAngel. Les effectifs de l'Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information), qui aide les institutions à renforcer leur sécurité, devraient également passer à 600 personnes fin 2021 contre 400 en 2017.

Les cyberattaques contre les organisations ont quadruplé en 2020, une tendance qui touche "tous les acteurs et tous les pays", souligne l'Elysée. En témoignent l'attaque de grande ampleur contre des géants du numérique et des agences nationales aux Etats-Unis ainsi que celle contre l'Agence européenne du médicament. Les hôpitaux français sont particulièrement vulnérables. Ils ont fait l'objet de 27 cyber-attaques majeures en 2020, a indiqué mercredi le secrétaire d'Etat à la Transition numérique Cédric O.

>> ENQUÊTE. Comment les cybercriminels profitent de la pandémie

Même si leurs auteurs restent souvent inconnus et difficiles à arrêter, une action policière coordonnée des Etats-Unis, de la France, d'autres pays de l'UE et de l'Ukraine ont réussi en janvier à démanteler le réseau du logiciel malveillant Emotet. Autre succès, l'arrestation de membres du groupe de "rançongiciel" Egregor qui a frappé ces derniers mois le groupe Ouest-France, entre autres.

Face aux rançons demandées, notamment aux hôpitaux de Dax et Villefranche-sur-Saône, ils "ont pour consigne stricte de ne jamais payer", a rappelé le directeur général de l'Anssi, Guillaume Poupard. Il espère pouvoir récupérer les données bloquées par les pirates, grâce aux systèmes de sauvegarde. Selon Cédric O., 110 hôpitaux français ont été "accompagnés dans des audits de sécurité" grâce au soutien de l'Anssi et "11 d'entre eux sont accompagnés au jour le jour".

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