L'écrivain Mehdi Meklat "implore à nouveau le pardon" après ses tweets haineux

Le jeune auteur publie le livre "Autopsie" mercredi. Dans un entretien au "Journal du dimanche", Mehdi Meklat fait son mea culpa, tout en assurant avoir été "étiqueté, enfermé" après la révélation de ses tweets antisémites, homophobes ou encore sexistes. 

Mehdi Meklat dans l\'émission \"La Grande Librairie\", sur France 5, le 16 février 2017.
Mehdi Meklat dans l'émission "La Grande Librairie", sur France 5, le 16 février 2017. (FRANCE 5)

Il prend de nouveau la parole, près de deux ans après les faits. Dans un entretien au Journal du dimanche, le 18 novembre, le jeune écrivain Mehdi Meklat, 26 ans, se confie sur la polémique autour de la révélation de ses tweets injurieux, en février 2017. 

Peu après le passage de l'ex-chroniqueur de France Inter sur le plateau de l'émission "La Grande Librairie" sur France 5, des internautes avaient révélé plusieurs dizaines de tweets à caractère raciste, antisémite, homophobe et sexiste, postés pendant plusieurs mois sur le réseau social avec le pseudonyme "Marcelin Deschamps". Sous le feu des critiques, la carrière de l'ancien chroniqueur du Bondy Blog s'était arrêtée net. 

Dans son livre Autopsie, qui paraît aux éditions Grasset mercredi, l'auteur revient sur ses propos, s'excuse de nouveau et tente t'y apporter une explication. "J’ai écrit pour essayer de comprendre ce qui m’est arrivé : ce que j’ai fait mais aussi ce qu’on a fait de moi", explique-t-il au Journal du dimanche

Des tweets "qui m'horrifient aujourd'hui"

Dans son entretien au JDD, Mehdi Meklat rappelle qu'il s'est "excusé dès le début". "J’implore à nouveau le pardon de ceux qui se sont sentis blessés par cette vingtaine de tweets que l’on a ressorti parmi 53 000 qui m’horrifient aujourd'hui", assure-t-il. 

L'auteur défend ensuite le fait que son compte Twitter "Marcelin Deschamps" "était celui d’un gamin qui écrivait des tas de trucs insignifiants ou drôles, sur toutes les communautés, dont ces quelques messages ignobles". 

Je ne suis pas antisémite, ni négrophobe, homophobe ou arabophobe.Mehdi Meklatau "JDD"

Pour Mehdi Meklat, "les faits démontrent le contraire : tout mon travail de journaliste pendant onze ans". "Surtout, je n’ai jamais tenu de propos pareils dans la vraie vie", insiste encore le jeune auteur.

Une "folle course aux followers"

Interrogé par Le JDD, Mehdi Meklat tente ensuite de donner une explication à ses tweets. "Mon "moi virtuel" était lancé dans une folle course aux followers, se défend-il. Pour en gagner, il fallait être toujours plus transgressif, toujours contre, provoquer pour exister." "Mais je ne pensais rien de ces tweets", renchérit l'auteur. 

Le jeune écrivain reconnaît ensuite qu'il n'avait "aucun recul" sur ce qu'il disait avec le pseudonyme Marcelin Deschamps. 

Je croyais à l’impunité sur les réseaux sociaux. Je n’avais pas compris que les mots, même sur internet étaient bien réels et que d'une certaine manière, ils pouvaient tuer.Mehdi Meklatau "JDD"

"Comme beaucoup de gens de ma génération, j’ai plongé dans le virtuel sans en connaître ni les codes ni les dangers", regrette-t-il aujourd'hui.

Une sanction "pas identique pour tout le monde"

Tout en s'excusant de nouveau après ses propos, Mehdi Meklat revient sur la vive polémique qui a suivi la révélation de ses tweets. "En cas de dérapage, la sanction n’est pas identique pour tout le monde", dénonce-t-il.

"Quand Lorànt Deutsch s’abrite derrière des pseudos pour attaquer des gens, sa carrière n’est pas remise en question. La mienne, celles de la chanteuse Mennel ou du haut fonctionnaire Rayan Nezzar l’ont été. Pourquoi ? Ça révèle un fantasme raciste", assure le jeune auteur. 

Pourquoi n’étais-je français pour personne ? Mes tweets, ignobles, extrêmes, n’étaient-ils pas français ? Je ne suis pas musulman (...). Pourquoi m'a-t-on étiqueté, enfermé de cette façon ?Mehdi Meklatau "JDD"

L'auteur critique encore Marine Le Pen, qui "m'a évoqué lors d’un discours pendant la campagne présidentielle". "Pour mes détracteurs, il était plus simple de me résumer à cela que de regarder mon travail depuis onze ans", condamne Mehdi Meklat.