Les Etats-Unis demandent désormais aux touristes d'indiquer les noms de leurs comptes Facebook et Twitter

Selon le site Politico, les touristes étrangers qui demandent une exemption de visa sont invités à renseigner leurs comptes sur les réseaux sociaux dans le formulaire en ligne. L'information reste toutefois facultative.

Capture d\'écran du formulaire en ligne qui demande aux touristes de renseigner leur profil sur les réseaux sociaux.
Capture d'écran du formulaire en ligne qui demande aux touristes de renseigner leur profil sur les réseaux sociaux. (US CUSTOMS AND BORDER PROTECTION)

"Merci d'indiquer les informations relatives à votre présence sur internet." Depuis le 20 décembre, les Etats-Unis demandent aux touristes étrangers d'indiquer leurs comptes sur les réseaux sociaux, révèle le site Politico (article en anglais). Cette demande, faite dans un formulaire en ligne, ne concerne pour le moment que le formulaire en ligne du programme d'exemption de visa, ouvert à 39 pays, dont la France.

Le formulaire propose une ligne de réseaux sociaux, des plus connus –Facebook, Twitter– aux plus confidentiels –Google +, JustPaste.it. Le touriste est ensuite invité à renseigner son nom d'utilisateur. Contrairement aux autres renseignements –profession, date de naissance, nationalité, etc.–, ces informations sont cependant facultatives.

Une mesure polémique

Pourquoi une telle curiosité ? Pour identifier d'éventuelles menaces terroristes, précise Politico. Annoncée depuis quelques mois, cette mesure avait suscité une polémique parmi les défenseurs de la vie privée sur internet. "Il n'y a aucune règle sur la manière dont ces informations sont collectées et partagées au sein des agences gouvernementales", se désole sur Politico Michael W. Macleod-Ball, de l'Amercian Civil Liberties Union.

D'autres redoutent que cette mesure crée un dangereux précédent et inspire des pays où la liberté d'expression n'existe pas. "Des pays démocratiques et non-démocratiques vont désormais se sentir plus légitimes pour demander de telles informations", relève Abigail Slater, de l'Internet Association, toujours dans Politico. Des critiques qui n'ont pas empêché cette mesure d'entrer discrètement en vigueur.