Trois fois où Mark Zuckerberg a tenté de contrer Snapchat

Propriété de Facebook, Instagram a annoncé la sortie d'une nouvelle fonctionnalité, les "stories", directement inspirée par son concurrent. Retour sur la rivalité entre le réseau social de Mark Zuckerberg et Snapchat.

Snapchat a assuré, vendredi 10 octobre, dans un communiqué, que ses serveurs n\'avaient pas été piratés, ni ceux de l\'application à l\'origine de la fuite.
Snapchat a assuré, vendredi 10 octobre, dans un communiqué, que ses serveurs n'avaient pas été piratés, ni ceux de l'application à l'origine de la fuite. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Le bras de fer entre Facebook et Snapchat n'est pas près de s'arrêter. Dernière provocation en date : les "stories". Instagram, l'application de partage de photos acquise par Facebook pour la modique somme d'un milliard de dollars en 2012, a ainsi lancé mardi 2 août une nouvelle fonctionnalité qui ressemble très fortement aux outils proposés par... Snapchat. 

Avec plus d'un milliard d'utilisateurs dans le monde, le réseau social créé par Mark Zuckerberg fait office de leader sur le marché. Mais l'application Snapchat, qui permet de partager des photos et des vidéos éphémères, dérange et agace sérieusement le patron de Facebook qui tente désespérément de contrer l'ascension de son jeune concurrent. Avec 150 millions d'utilisateurs actifs par jour, l'application lancée en 2011 Evan Spiegel et Bobby Murphy dépasserait désormais Twitter. D'où ces tentatives de Mark Zuckerberg d'affaiblir le petit fantôme jaune. 

Quand il a copié les "stories"

Le 2 août, Instagram annonce que ses utilisateurs pourront désormais personnaliser les photos et les vidéos, en écrivant ou en dessinant dessus. Et contrairement à des "posts" classiques, il ne sera pas possible pour les contacts d'"aimer" ou de commenter les publications. Surtout, le contenu ne restera en ligne que 24 heures. Une "innovation" qui rappelle quand même fortement le principe de Snapchat...  

Interrogé par Les Echos, Instagram refute tout plagiat. "Les stories vont devenir un format commun, comme le mur, qui a été introduit par Facebook, et qui est maintenant utilisé par de nombreuses applications", rétorque Kevin Weil, chef de produit. En attendant, du côté de Snapchat, la pilule a du mal à passer. "Première étape : ouvrir Snapchat. Deuxième étape : utiliser les 'stories' de Snapchat. Troisième étape : désinstaller Instagram", écrit ainsi Jack Brody, un designer de Snapchat, sur son compte Twitter. 

Quand il a lancé l'application Poke

Mais la rivalité entre les deux entreprises ne date pas d'hier. Après avoir racheté Instagram en 2012, Mark Zuckerberg commence à lorgner du côté de Snapchat. En novembre de cette année-là, il aurait envoyé un court e-mail à Evan Spiegel, son PDG, selon un article de Forbes (en anglais). "Hey Evan, écrit Mark Zuckerberg, je suis un grand fan de ce que tu fais avec Snapchat. J'aimerais beaucoup te rencontrer et en savoir plus sur ta vision du produit." Ce dernier se serait contenté d'un laconique : "Je serais heureux de te rencontrer... Si tu viens dans le coin."

Un mois plus tard, en décembre 2012, Facebook lance une nouvelle application appelée "Poke" (à ne pas confondre avec le "poke" pour interpeller un "ami Facebook"). Hasard du calendrier ou riposte face à l'affront ? Toujours est-il que comme Snapchat, Poke permettait d'envoyer des messages et des vidéos qui disparaissaient dans les 10 secondes, une fois le message consulté. Une tentative qui se conclut par un échec. Cette fonctionnalité s'est éteinte dans la plus grande discrétion en mai 2014.

Quand il a voulu racheter Snapchat

Face à l'insolente start-up, Mark Zuckerberg décide d'employer la manière forte (nous sommes toujours en 2012). Et des discussions sont entamées avec Evan Spiegel et Bobby Murphy, les deux fondateurs, concernant une possible acquisition de leur application. Facebook propose alors un milliard de dollars pour racheter Snapchat.

Un an plus tard, c'est près de trois milliards de dollars qui sont mis sur la table pour convaincre les deux fondateurs. Mais ceux-là se paient le luxe de refuser les avances de Facebook, rapporte Wall Street Journal (en anglais). A la grande consternation de Facebook.