"12% des comptes qui suivent Jean-Claude Juncker sont des bots": avant les européennes, les hackers russes s'en donnent à cœur joie

Plusieurs sociétés de cybersécurité observent un net regain d’activité de hackers et entreprises de désinformation russes en amont des élections européennes.

Vue du Kremlin et du Sénat, à Moscou, en juillet 2016.
Vue du Kremlin et du Sénat, à Moscou, en juillet 2016. (MAXPPP)

Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg est reçu à l'Elysée vendredi 10 mai pour y rencontrer Emmanuel Macron. Il s’agit de la seconde rencontre des deux hommes en un an qui fait suite à la "mission sur la régulation des contenus en ligne", lancée par le gouvernement français au sein même de Facebook en mars dernier. Ses conclusions doivent d'ailleurs être rendues publiques dans la journée, et pourraient inspirer la future législation française. Au même moment, plusieurs sociétés de cyber sécurité ont exprimé leurs craintes sur l’intensification de l’activité des hackers et entreprises de désinformation russes en amont des élections européennes.

Les hackers russes visent les Européens

Les hackers russes affiliés au Kremlin s'en donnent en effet à cœur joie depuis quelques semaines. Selon  la société de cyber sécurité FireEye, ces derniers visent plus particulièrement les Européens. "FireEye a pu repérer plusieurs groupes russes occupés à cibler les gouvernements européens ces derniers trois, quatre mois, explique Benjamin Read, qui dirige la section en charge de l'analyse de l'espionnage cyber chez FireEye. Les ministères de la Défense, ceux des Affaires étrangères et puis aussi, de manière significative, les groupes médiatiques."

Ces attaques russes menées par des groupes déjà bien connus visent à pénétrer ces institutions européennes, comme ils l'avaient fait du Parti démocrate aux Etats-Unis en 2016. Mais d'autres officines russes déploient une énorme activité de propagande sur les réseaux sociaux, notamment grâce aux "bots" ces robots à propagande.

Sept millions de faux comptes Facebook supprimés tous les jours

Georges Kanide  est le directeur de Safeguard Cyber, qui vient de publier un rapport  sur la désinformation russe dans la campagne des Européennes. Pour lui, même les comptes du président de la Commission européenne sont compromis sur les réseaux sociaux. "Selon nos analyses, indique-t-il, 12% des comptes qui suivent Jean-Claude Juncker sont des bots, des comptes propageant de la désinformation ou des contenus malveillants." Selon les chiffres donnés par l'entreprise Facebook, elle-même il y avait quelque 91 millions de faux comptes Facebook actifs fin 2018. L'entreprise de Mark Zuckerberg en supprimerait plus de sept millions... tous les jours !