Covid-19 : faute de touristes à Paris, des propriétaires quittent Airbnb pour revenir sur le marché de l'immobilier classique

Le tourisme est en berne à cause de la crise sanitaire. Les logements auparavant loués sur Airbnb pour quelques jours ou semaines ne trouvant plus preneurs, leurs propriétaires changent de stratégie.

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Édité par Noémie Bonnin - Benjamin Illy
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Des immeubles parisiens, dans le 16e arrondissement de Paris (illustration). (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Sur le site internet de cette agence immobilière à Paris, les annonces sont là : "Un loft rue de l'Échiquier, dans le 10e arrondissement, ou cité d'Hauteville, ou encore un deux pièces, rue de Passy", détaille Frédéric Teboul, directeur associé des agences Guy Hoquet. Uniquement des logements qui étaient jusqu'à présent loués sur la plateforme Airbnb. Mais en raison de l'épidémie de Covid-19, les frontières sont fermées, les touristes étrangers absents. Les logements de la plateforme de location ont beaucoup de mal à trouver preneurs. Les voici donc en vente ou en location meublée. "Ce n'est pas un phénomène de passagz, mais une réelle tendance", assure Frédéric Teboul.

"Pas de revenus, puisque les frontières sont fermées et très peu de touristes, des crédits en cours, et au bout du compte, des difficultés à garder leurs biens."

Frédéric Teboul, directeur associé des agences Guy Hoquet à Paris

à franceinfo

Une tendance qui se dessine depuis septembre, selon le professionnel, avec une accélération depuis deux mois : "Ce sont des propriétaires qui louent désormais leur appartement en location meublée classique, avec des baux d'un an. Et là je peux vous dire qu'on a une explosion, on en rentre au rythme de 20 nouvelles affaires par mois."

Frédéric Teboul constate également un autre phénomène, qui s'est amplifié ces deux derniers mois : "Ce sont des propriétaires qui, à force de constater que les revenus ne sont pas en phase avec leur ligne de crédit, ont décidé de tout simplement mettre en vente leurs biens immobiliers." Leur situation financière est devenue trop tendue, ils ne peuvent plus se permettre de garder ces appartements, explique l'agent immobilier.

La crise sanitaire n'est pas la seule responsable 

Mais au-delà de la situation sanitaire et de l'absence des touristes, il y a une autre explication, pour Xavier Demeuzoy. Il est avocat au barreau de Paris, expert en réglementation des meublés touristiques : "Je défends énormément de propriétaires qui sont poursuivis par la ville pour leur location Airbnb, pour la simple et bonne raison qu'ils ont loué leur résidence secondaire sur Airbnb. Or à Paris, si vous n'avez pas de local commercial, vous n'avez pas le droit de louer votre résidence secondaire sur Airbnb. Donc ces gens-là, dès qu'ils ont reçu l'assignation de la ville de Paris, ont très rapidement compris qu'ils étaient en infraction. Ils ont décidé de régulariser leur situation soit en vendant leur bien, soit en repartant sur la location longue durée."

Il y a aussi cette étude commandée par PAP, réalisé en septembre dernier auprès de 2 348 propriétaires de locations meublées touristiques situées dans plusieurs grandes agglomérations françaises, dont Paris. Cette étude affirme qu'un propriétaire sur trois envisage de renoncer aux plateformes spécialisées comme Airbnb, pour revenir à la location classique.

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