Histoire : Philippe Druillet,"fils de collabo"

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Présenté parDavid Pujadas

Diffusé le 14/01/2014Durée : 00h40

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Son père était l'un des principaux artisans de la collaboration, compagnon de route de Jacques Doriot ou de Joseph Darnan. Une histoire qu'il avait toujours gardée pour lui.

Philippe Druillet a marqué l'histoire de la BD française dans les années 70. Avec son univers de science-fiction et son héros aux yeux rouges, Sloane Mais c'est une autre histoire qui le hante depuis sa naissance. Ses parents ont choisi son prénom en hommage à Philippe Henriot, chef de la propagande du régime de Vichy, un ami de la famille.

Votre père le connaissait personnellement.

Ils se connaissaient tous, c'était la même bande de voyous.

Druillet, un fils de collabos. C'est ce qu'il dévoile dans son dernier livre. Voici son père, Victor Druillet. Fasciste convaincu, il a fait la guerre d'Espagne avec les franquistes. Puis il est policier zélé aux ordres de Vichy.

Il chassait les communistes, traquait les juifs, les résistants, qu'on appelait les terroristes. C'est un homme qui était sûr d'avoir raison.

Victor Druillet dirige la milice du Gers, avec sa femme Denise. Quand le régime de Vichy s'effondre en septembre 1944, ils s'enfuient avec un millier de collabos à Sigmaringen (Allemagne). Là, Philippe, deux mois à peine, est gravement malade. Sauvé par un médecin, l'écrivain Louis-Ferdinand Céline.

J'ai une lettre où il demande à mes parents comment va le petit Philippe C'est fabuleux ! J'aurais préféré que ce soit Balzac, ou Flaubert. Mais c'était pas la même époque ni les mêmes pensées.

A la Libération, le couple Druillet est condamné à mort par contumace pour trahison. Peine jamais exécutée car ils sont réfugiés en Espagne.

On m'expliquait, surtout ma mère, que c'était une erreur dramatique.

Quand Victor Druillet décède naturellement, Philippe a 7 ans. Il croira à cette version de l'histoire jusqu'à ses 15 ans.

Un jour à la Cinémathèque je vois des actualités de l'époque, sous l'Occupation, et je découvre le mensonge. C'est terrible! J'en parle à ma mère, qui m'insulte. Elle a raison, j'ai tort. C'est la cassure. Définitive. Et ma mère m'a fait chier jusqu'à la fin de sa vie. Elle est restée con, jusqu'au bout.

Sa mère a brûlé beaucoup de documents compromettants. Ce livre fut pour lui l'occasion de découvrir des détails sur le rôle joué par ses parents.

J'accepte d'en parler, pas de gaité de coeur, je le fais pour ceux qui sont morts, qui ont payés, pour rendre justice à ceux qui ont souffert.

Son histoire, c'est celle de ses BD.

La santé et le dossier de cette édition. On connaissait la boulimie, l'anorexie, voici l'orthoréxie. Un nouveau trouble du comportement alimentaire marqué par l'obsession de l'hygiène.

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