Lutte contre les violences conjugales : ce qui va changer

Le gouvernement présente vendredi un nouveau plan pour combattre la violence au sein du couple.

Selon le gouvernement, seules 20% des femmes victimes de violences se déplacent à la police ou à la gendarmerie.
Selon le gouvernement, seules 20% des femmes victimes de violences se déplacent à la police ou à la gendarmerie. (ANDREA LAURITA / E+ / GETTY IMAGES)

Vingt mille femmes qui déclarent chaque année être victimes de violences conjugales, près de 150 femmes qui meurent sous les coups de leur conjoint… A trois jours de la Journée internationale contre les violences faites aux femmes, le gouvernement parle d'une "priorité de santé publique". La ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, présente un plan triennal, vendredi 22 novembre, dans le but de renforcer la lutte contre les violences conjugales. Un plan doté de 66 millions d'euros, pour "ne laisser aucune violence déclarée sans réponse pénale, sanitaire et sociale". Alors qu'est-ce qui va changer concrètement ?

Le 3919 joignable sept jours sur sept

Alors qu'il reçoit plus de 50 000 appels chaque année, le numéro vert destiné aux femmes battues (3919) fonctionnait du lundi au samedi, de 9 heures à 22 heures. Il sera désormais joignable sept jours sur sept. Et le budget dédié à cette ligne sera revu à la hausse, car aujourd'hui, faute de personnel suffisant au bout du fil, quatre appels sur dix restent sans réponse.

Un "kit de constatation en urgence" mis à disposition

Le plan prévoit aussi d'expérimenter dans plusieurs services d'accueil d'urgence, et à domicile, un "kit de constatation en urgence" pour effectuer immédiatement des prélèvements en cas de viol, sur le modèle de celui utilisé aux Etats-Unis. Ce kit se présentera sous la forme d'une petite boîte en carton, contenant le matériel nécessaire aux premières constatations après une agression sexuelle.

Vers la fin de la main courante

Constatant que "la main courante sans suite était devenue le symbole des appels au secours laissés sans réponse", le gouvernement veut encourager le dépôt de plainte. Il demande donc aux préfets et procureurs de limiter le recours aux mains courantes "aux cas de refus répétés de la victime" et à "l'absence de gravité des faits". Les parquets, eux, sont invités à "assurer un contrôle régulier de ces mains courantes".

Des intervenants sociaux dans les commissariats

Pour accompagner les victimes dans leurs démarches (recherche d'hébergement, prise en charge des enfants...), le nombre des intervenants sociaux dans les commissariats et gendarmeries sera doublé, pour atteindre 350 en 2017. Des conventions seront passées avec des associations spécialisées.

Des hébergements d'urgence pour les victimes 

Le gouvernement prévoit également la création de 1 650 places d'hébergement d'urgence d'ici 2017. Il y a un an, François Hollande avait souhaité qu'environ un tiers des 5 000 places d'hébergement d'urgence à créer d'ici la fin du quinquennat soit réservé aux femmes. Les victimes pourront y rester plusieurs jours, le temps de trouver une solution plus pérenne, et bénéficieront d'un accompagnement adapté.