Valls critique les Roms et s'attire les foudres d'une association

Le ministre de l'Intérieur revient, dans une interview au "Figaro", sur le démantèlement des camps de Roms. Une population qui, selon lui, a "vocation à retourner en Roumanie".

Un camp de Roms le long du boulevard périphérique parisien, près de la porte de la Villette (Paris), le 17 janvier 2013.
Un camp de Roms le long du boulevard périphérique parisien, près de la porte de la Villette (Paris), le 17 janvier 2013. (MAXPPP)

Les déclarations de Manuel Valls sur les campements de Roms déclenchent la colère d'une association, La voix des Rroms. Celle-ci a réagi à l'interview du ministre de l'Intérieur publiée dans Le Figaro, vendredi 15 mars. Manuel Valls y confirme son intention de démanteler "un maximum de camps de Roms insalubres", répétant un message asséné la veille dans Le Parisien"Implantés en bordure de quartiers populaires déjà percutés par la crise, ils sont à l'origine de problèmes de cohabitation qui prennent des formes parfois inquiétantes (...)", estime le ministre. 

Pour Valls, les Roms "ne souhaitent pas s'intégrer"

Selon Le Figaro, des mesures auraient été prises pour multiplier les contrôles d'identité dans les camps afin d'accélérer les démantèlements et les expulsions. Manuel Valls, qui a récemment mis fin au système d'aide financière au retour, condamne fermement "un trafic dont les organisateurs tirent les ficelles depuis l'étranger".

Il va même au-delà de la dénonciation des dérives crapuleuses, déclarant : "Je partage les propos du Premier ministre roumain quand ce dernier dit : 'Les Roms ont vocation à rester en Roumanie, à y retourner'." Selon lui, la solution des villages d'insertion, expérimentée dans certaines municipalités, "ne peut concerner qu'une minorité car, hélas, les occupants de campements ne souhaitent pas s'intégrer dans notre pays, pour des raisons culturelles ou parce qu'ils sont entre les mains de réseaux versés dans la mendicité ou la prostitution".

Pour La voix des Roms, "un appel à la haine raciale" 

L'association La voix des Rroms a vivement dénoncé, vendredi, les propos du ministre de l'Intérieur. "Cette interview de [Manuel] Valls est de mauvais augure. Elle annonce un durcissement de la politique à laquelle nous assistons depuis 2003, lorsque [Nicolas] Sarkozy devint ministre de l'Intérieur", estime l'association dans un communiqué.

Dénonçant un concentré de mensonges et de messages jetant l'opprobre sur les Roms, l'association réaffirme que "les expulsions répétées n'ont jamais été une solution, ce que reconnaissent aussi certains préfets, proches du terrain". Selon elle, "la circulaire interministérielle du 26 août 2012 préconise un certain nombre d'actions à mener qui coûteraient bien moins cher que les expulsions et aboutiraient à de vraies solutions tant pour les habitants de ces bidonvilles que pour la société française en général."

L'organisation menace donc de porter plainte contre le ministre pour "incitation à la haine raciale". Son président, Saimir Mile, compte aussi "interpeller l'Union européenne" sur une éventuelle violation du droit européen.