Un maire refuse l'inhumation d'un bébé rom, le Défenseur des droits s'indigne

Le maire de Champlan (Essonne), Christian Leclerc, a refusé l'inhumation dans le cimetière de sa ville d'un bébé rom, mort le lendemain de Noël. Sa décision provoque un tollé au sein de la classe politique

Une rue de Champlan (Essonne), le 12 novembre 2008.
Une rue de Champlan (Essonne), le 12 novembre 2008. (MAXPPP)

La classe politique s'indigne de la décision du maire de Champlan (Essonne), Christian Leclerc, de refuser l'inhumation dans le cimetière de sa ville d'un bébé rom, mort le lendemain de Noël. "Nous avons peu de places disponibles", a simplement affirmé l'élu divers droite, selon des propos rapportés par Le Parisien. "Priorité est donnée à ceux qui paient leurs impôts locaux."

Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, s'est dit "bouleversé" et "stupéfait" dimanche  et a indiqué au micro de France Inter qu'il pourrait se saisir de ce dossier. "Il est clair qu'il y a dans cette affaire des questions de droit", a-t-il insisté.

"Une inhumaine humiliation"

"Perdre un bébé est un chagrin universel. Se voir refuser, pour lui, une sépulture est une inhumaine humiliation", a réagi la secrétaire d'Etat à la Famille, Laurence Rossignol, sur Twitter samedi 3 janvier. 

Une décision qui provoque "honte" et "nausée"

Alexis Bachelay, député PS des Hauts-de-Seine, et Nathalie Goulet, sénateur UDI de l'Orne ont exprimé leur "nausée". Et Ian Brossat, adjoint PCF au maire de Paris sa "honte".

Le maire de Champlan accusé de "racisme"

Des responsables associatifs se sont également émus de la décision de l'édile. Le président de la Licra Alain Jakubowicz a jugé qu'il s'agissait de "racisme" et qu'il envisageait des poursuites judiciaires.

La petite fille, prénommée Maria Francesca, née le 14 octobre 2014 et morte dans la nuit du 25 au 26 décembre, sera, elle, finalement inhumée lundi à Wissous, près de Champlan.