Un maire de l'Essonne s'oppose à l'inhumation d'un bébé rom

Le nourrisson sera finalement enterré lundi à Wissous, à environ sept kilomètres de Champlan.

L\'entrée de la commune de Champlan (Essonne), le 12 novembre 2008.
L'entrée de la commune de Champlan (Essonne), le 12 novembre 2008. (MAXPPP)

La petite fille s'appelait Maria Francesca. Elle était née le 14 octobre. Elle est morte le 26 décembre. Elle était rom. Mercredi 31 décembre, le maire divers droite de Champlan (Essonne) a refusé que ce nourrisson soit enterré sur le territoire de sa commune, révèle Le Parisien, samedi 3 janvier.

L'édile "a prétexté que la mort" du bébé "avait été déclarée à Corbeil-Essonnes", a expliqué Loïc Gandais, président de l'Association de solidarité en Essonne avec les familles roumaines et roms (ASEFRR), dont deux membres "côtoient quotidiennement" la famille de l'enfant décédé, qui vit dans un campement de Champlan.

Le maire a refusé sans "aucune explication"

Selon lui, la fillette a été victime de "la mort subite du nourrisson" dans la nuit du 25 au 26 décembre. La petite fille qui ne se sentait pas bien, a été conduite cette nuit-là dans un hôpital de Longjumeau, puis dans un établissement de Corbeil-Essonnes, où son décès a été officiellement constaté le 26 décembre.

A la demande de la famille, une entreprise de pompes funèbres de Corbeil-Essonnes a demandé à la municipalité l'autorisation d'inhumer le nourrisson dans le cimetière de Champlan. Mais le maire a refusé sans "aucune explication", a assuré Julien Guenzi, le gérant des pompes funèbres l'Escarcelle à Corbeil. "Il n'est pas obligé de se justifier, mais des réponses comme ça, c'est très rare", a-t-il précisé.

"Sur le plan juridique, on ne pourra pas faire grand chose" 

Le bébé sera finalement inhumé lundi à Wissous, à environ sept kilomètres de Champlan. "Par simple souci d'humanité, on ne pouvait pas laisser cette situation dans l'état", a déclaré le maire UMP de Wissous, Richard Trinquier. "Une mère qui a porté un enfant pendant neuf mois et qui le perd à deux mois et demi, ce n'est pas la peine d'aggraver sa douleur." L'ASEFRR prendra en charge la majeure partie des frais d'obsèques, a assuré l'association qui ne compte pas porter plainte.

"Sur le plan moral, c'est absolument contestable, mais sur le plan juridique, on ne pourra pas faire grand chose", a estimé Loïc Gandais. Selon la loi, les proches d'un défunt doivent demander l'autorisation d'inhumation au maire de la commune du cimetière choisi. Il peut être inhumé dans la commune où il habitait, dans celle où il est mort, ou là où se trouve un caveau de famille. Ni le maire de Champlan, Christian Leclerc, ni son premier adjoint, n'étaient joignables samedi matin.