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Marine Le Pen, une candidate comme les autres ?

A 100 jours du premier tour de la présidentielle, la candidate du Front national est créditée de 19 % à 22 % des voix, à quelques points seulement de Nicolas Sarkozy. Décryptage.

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Marine Le Pen, invitée du European American Press Club, le 13 janvier 2012 à Paris. (JOEL SAGET/AFP)

Une vague "bleu marine" déferle-t-elle sur la France, à 100 jours du premier tour de l'élection présidentielle ? Ces derniers jours, les sondages se suivent et se ressemblent. Ils confirment la possible percée de la candidate du FN. Retour sur l'opération "crédibilité"' du parti. 

Les sondages en font la troisième force

En deux jours, trois instituts de sondage sont parvenus aux mêmes conclusions : Marine Le Pen s'impose en troisième position des intentions de vote. Dernier en date, un sondage CSA pour BFMTV, 20 Minutes et RMC, rendu public vendredi matin, indique qu'elle gagne trois points en un mois, avec 19 % d'intentions de vote. En tête, François Hollande (29 %) en perd autant, tandis que Nicolas Sarkozy reste stable à 26%. La veille, une enquête Ifop-Fiducial pour Paris-Match a montré que la candidate du FN, à 21,5 %, talonne Nicolas Sarkozy (23,5%). 

Enfin, TNS Sofres, consulté pour le compte du quotidien Le Monde et Canal +, a montré jeudi que le parti n'était plus considéré comme évoluant à la marge de la vie politique française.

Le FN enregistre son niveau de rejet le plus faible depuis vingt-sept ans. L'idée selon laquelle il représente un danger pour la démocratie est partagée par 53 % des Français, contre 55 % il y a un an. 57 % des Français pensent que le FN a vocation à rassembler les votes d’opposition, soit 5 points de moins en un an. 

Un effort sur la crédibilité

"Quand les autres grands candidats en sont encore à l'incantation, [...] je trace mon sillon, je propose à la France, en toute transparence, un projet complet, cohérent, fourni", a assuré la candidate jeudi au siège du parti, à Nanterre (Hauts-de-Seine). Pendant deux heures, elle a détaillé le budget de son programme pour la France, point par point, raillant "le flou" qui entourerait le programme de ses adversaires, Nicolas Sarkozy, François Hollande et François Bayrou. 

Dans son opération "crédibilité", la candidate a distingué les "bonnes dépenses" des "mauvaises dépenses", appelées à être brutalement coupées. Le tout calculé sur une hypothèse de croissance "tout à fait réaliste", dixit le FN, allant de 0 % en 2012 à 2,8 % en 2017.

Sont favorisés : la justice, la sécurité et la santé et le handicap, avec le pouvoir d'achat et le soutien aux PME et PMI. Un budget qu'elle entend boucler grâce à la sortie de la zone euro, une limitation drastique de l'immigration et l'arrêt de la contribution financière de la France à l'Union européenne. 

Au final, une banalisation plutôt qu'une adhésion

Ce grand oral chiffré a vocation à ancrer l'idée que le FN est un parti de gouvernement. Car dans sa note explicative qui accompagne le sondage de jeudi, TNS Sofres constate que la "porosité plus forte de l’opinion à l’égard des idées du FN correspond cependant plus à une forme de banalisation du parti plutôt qu’à un fort regain d’adhésion à l’égard de ses idées phares."

L’image de parti uniquement protestataire s’effrite : plus d’un tiers des personnes interrogées (31 %) estiment que le parti d’extrême droite a la capacité de participer à un gouvernement et 32 % estiment que la majorité peut passer des alliances avec le FN. Un chiffre qui monte à 45 % chez les sympathisants UMP.

En fait, 33 % des Français adhérent aux constats exprimés par Marine Le Pen, mais pas aux solutions qu’elle propose. Seules 11 % des personnes interrogées adhèrent aux solutions portées par le Front national.

Le 5 janvier, invité du journal de France 2, Marine Le Pen s’inquiétait d’être "encore loin" des 500 signatures de maires nécessaires à la validation de sa candidature. Vrai souci ou vieille rengaine du FN, s’est interrogé Le Lab d’Europe 1 ? Celle qui dénonce "un scandale démocratique" si elle ne parvenait pas à se présenter, récolte les fruits de son travail de dédiabolisation du parti d'extrême droite.

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