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Trois critiques faites au rapport de la Cour des comptes sur les enseignants

Les syndicats d'enseignants sont opposés aux solutions avancées par les sages de la rue Cambon pour réformer l'Education nationale.

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France Télévisions
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Une classe à Saint-Martin-de-la-Porte (Savoie), le 11 mars 2013. (MAXPPP)

Profs mal payés, instabilité professionnelle, mauvaise gestion des ressources... Dans un rapport intitulé "Gérer les enseignants autrement", publié mercredi 22 mai, la Cour des comptes pointe de multiples dysfonctionnements au sein de l'Education nationale. 

Si le ministre de l'Education et les syndicats d'enseignants sont en majorité d'accord sur le diagnostic, ils contestent en revanche les remèdes préconisés par les sages de la rue Cambon. Tour d'horizon des critiques formulées à l'encontre de ce rapport.

1Trop proche de la politique du gouvernement Fillon

"En lisant les propositions de ce rapport, j'ai eu l'impression de retrouver l'ensemble de la politique de Luc Chatel [le précédent ministre de l'Education nationale] en matière d'éducation", a réagi Daniel Robin, cosecrétaire général du Syndicat national des enseignements du second degré (Snes), principal syndicat du secondaire, sur Le Nouvel Obs.com.

De son côté, Bernadette Groison, de la Fédération syndicale unitaire (FSU), première organisation syndicale de l'éducation, dénonce un rapport qui s'inscrit "dans la droite ligne des orientations les plus libérales du précédent gouvernement".

2Le manque d'enseignants est bel et bien un problème

Dans son rapport, la Cour des comptes assure que "le problème n'est pas celui du nombre d'enseignants ou d'une insuffisance des moyens". Le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, qui a promis à la rentrée 2012 d'accélérer le recrutement des professeurs, a réagi mercredi après-midi. L'affirmation de la Cour est "une erreur", a-t-il estimé. Selon lui, les embauches sont nécessaires pour "assurer la continuité du service public". "Malgré certains désaccords dans ce rapport, il y a beaucoup de choses positives sur lesquelles nous pouvons prendre acte", a-t-il toutefois reconnu.

"Affirmer, comme le faisait l'ancien ministre, qu'il y a assez de postes d'enseignants dans ce pays, ceux qui l'écrivent se trompent. Ils vivent dans un autre monde. Nous avons besoin de davantage d'enseignants, qui doivent être concentrés dans les établissements difficiles, là où les élèves ont le plus de besoins", a déclaré pour sa part Daniel Robin.

3L'annualisation du temps de travail ne passe pas

Le statut des enseignants prévoit un maximum hebdomadaire d'heures de travail. Or les stages ou les périodes d'examens, pendant lesquels les élèves n'ont pas cours, font perdre des heures de travail, pourtant rémunérées, estiment les sages. La Cour des comptes prône donc l'annualisation du temps de travail des professeurs. "Directeurs d'école et chefs d'établissement doivent pouvoir moduler la répartition des obligations de service des enseignants en fonction des postes occupés et des besoins des élèves", estime-t-elle.

Une recommandation qui fait bondir Daniel Robin. "Mais pour quoi faire ? Qu'on me l'explique… Sauf à essayer de faire travailler davantage les enseignants ! Or, avec les préparations de cours, les corrections de copies, la présence dans les jurys pendant les examens, et les heures supplémentaires, ils font déjà 45 heures par semaine."

"L'annualisation du temps de service des enseignants [est préconisée], ce que nous refusons avec énergie", renchérit le syndicat Unsa. Tout comme le Sgen-CFDT, qui "salue un diagnostic décapant mais déplore quelques propositions illusoires".

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