Saint-Denis. Incendie dans un immeuble insalubre : 2 morts et 4 blessés graves

Le feu a pris au rez-de-chaussée. Il a été difficile d'évacuer les habitants.

Les pompiers aspergent l\'immeuble qui a pris feu à Saint-Denis, le 9 septembre 2012. Deux personnes sont mortes et quatre ont été grièvement blessées.
Les pompiers aspergent l'immeuble qui a pris feu à Saint-Denis, le 9 septembre 2012. Deux personnes sont mortes et quatre ont été grièvement blessées. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

FAITS-DIVERS - Le feu a pris dans la nuit, vers 1h30, dimanche 9 septembre, dans les parties communes du rez-de-chaussée d'un immeuble de Saint-Denis. La cage d'escalier s'est ensuite embrasée et les habitants de l'immeuble insalubre se sont trouvés piégés. Certains ont même dû sauter par les fenêtres. Le bilan est lourd : 2 morts et 16 blessés, dont quatre blessés graves.

Le pronostic vital d'un des blessés est engagé, selon le maire de Saint-Denis Didier Paillard. Parmi les personnes gravement blessées figure un pompier. Un autre pompier, a été plus légèrement atteint.

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Claude Sempere et Philippe Turpaud - France 2

"J'ai sauté"

Dimanche matin, des badauds hébétés ont vu les pompiers évacuer les corps des victimes, encore non identifiées, dissimulés sous des protections blanches tandis que de la fumée s'échappait du bâtiment.

"J'ai vu un jeune qui était au troisième étage, il s'est accroché à la gouttière pour se laisser glisser jusqu'en bas mais la gouttière s'est tordue sous son poids et il est tombé sur la tête", a décrit un membre du centre culturel Tawid, proche des lieux du drame. Une voisine, qui ne souhaite pas donner son nom, a été "interpellée par les cris de panique des gens". "J'ai vu plusieurs personnes sauter", lâche-t-elle, très émue. Une habitante a témoigné, bandage au genou, avoir "sauté du premier étage".

Un lieu de squat

L'origine du feu reste encore un mystère, mais il a mobilisé jusqu'à 220 pompiers rue Gabriel-Péri, une artère piétonne et commerçante de Saint-Denis. Un immeuble voisin, touché par le sinistre, restait évacué dimanche matin.

Selon le maire, l'immeuble de cinq étages était un bâtiment insalubre où la municipalité venait d'entreprendre des travaux d'urgence faute de réponse des copropriétaires aux injonctions administratives. "Il s'agissait de sécuriser le système électrique, de purger la façade, de dégager les conduits de cheminée et de consolider les planchers de cet immeuble", a précisé un adjoint au maire. Selon lui, l'immeuble était comme "ouvert à tous les vents" et un lieu de squat et de "trafics".

"L'insalubrité tue", a pesté un voisin. Une riverains a elle expliqué que "ce sont des appartements qui ne sont pas entretenus et qui accueillent les populations les plus pauvres".

Les habitants relogés dans la journée

Ce drame "renforce la détermination du gouvernement et la mienne à considérer que le logement est un bien de première nécessité et qu'on ne peut accepter que des gens vivent dans des situations aussi périlleuses", a réagi sur place la ministre du Logement Cécile Duflot. "Sur une dizaine d'années, une trentaine de personnes sont mortes à Saint-Denis à cause de l'habitat indigne, dans des incendies ou dans des effondrements", a ajouté l'adjoint à l'urbanisme de Saint-Denis Stéphane Peu.

Selon lui, l'immeuble comptait une cinquantaine d'habitants. Toutes les personnes évacuées en raison de l'incendie seront relogées "dans la journée", a promis la ministre.

Le département a connu plusieurs incendies meurtriers dans des logements insalubres ces dernières années: en janvier 2010, deux personnes sont mortes dans un immeuble dégradé de Saint-Ouen; en septembre 2011, six personnes avaient péri dans l'incendie d'un immeuble de Pantin squatté par des migrants.