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Cantines : le Syndicat national de la restauration collective demande un effort "d'en moyenne 7%" aux collectivités pour faire face à l'inflation

Après avoir perdu de l'argent pendant la crise sanitaire, les cantines doivent faire face à l'augmentation des prix de la matière première alimentaire. 

Article rédigé par France Info
Radio France
Publié
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Repas dans une cantine scolaire du Finistère, en juin 2022. (FRANCOIS DESTOC / MAXPPP)

"Nous avons demandé en moyenne 7% d'augmentation à nos clients, les mairies, les collectivités, les établissements scolaires" pour faire face à l'inflation, a expliqué mercredi 24 août sur franceinfo Anne-Laure Desclèves, porte-parole du Syndicat national de la restauration collective (SNRC).

franceinfo : Que demandez-vous ?

Anne-Laure Desclèves : Nous constatons une augmentation des prix de 10% environ de la matière première alimentaire, c'est-à-dire les légumes et la viande avec lesquels les 100 000 cantiniers de France fabriquent tous les jours des repas pour les enfants. Nous avons demandé en moyenne 7% d'augmentation à nos clients, les mairies, les collectivités, les établissements scolaires.

En juin 2022, vous demandiez 40 centimes de plus par assiette. Est-ce encore d'actualité ?

Oui, parce que la difficulté, c'est que nous avons perdu beaucoup d'argent depuis le début de l'année, notamment lors des protocoles sanitaires de janvier-février 2022. Cela nous a contraints à produire beaucoup de repas qui n'ont pas été consommés par les enfants car les classes fermaient à la dernière minute et nous n'avons pas été payés pour tous ces surplus. Cela fait plus de 6 mois que nous subissons cette inflation en direct, car elle a commencé en janvier-février et donc nous n'avons plus de marge pour faire face à cette hausse. Nous sommes un secteur qui perd de l'argent.

Qui doit payer la hausse ?

C'est sûr que 7% de hausse, c'est important. C'est à la collectivité, pas à nous, de décider ou non des répercussions sur les parents. Il faut réaliser que pour nourrir correctement les enfants, il faut que les prix montent. Ils vont monter dans certaines mairies dès le 1er septembre, dans d'autres au 1er janvier et la hausse risque de ne pas s'arrêter immédiatement. C'est pour ça qu'il faut qu'on discute avec les mairies et les collectivités. Personne ne doute de la difficulté économique et tout le monde est convaincu que la cantine est très importante. Quand on a fermé les cantines, on a vu des enfants manquer d'un repas par jour et des hausses d'obésité infantile. Donc la cantine est importante et il faut que ce soit bien fait.

Réduire le gaspillage pourrait-il permettre une hausse moins importante des prix ?

Environ 10% des repas que nous produisons tous les jours sont jetés à la poubelle. Nous produisons 10 millions de repas par jour et on a des taux de perte élevés parce que nos convives ne se présentent pas forcément. Bien-sûr, il y a des enfants qui sont malades, mais on a aussi des enfants qui oublient de prévenir qu'ils ne seront pas à la cantine. À l'échelle d'une famille cela peut paraître dérisoire mais quand on fait 10 millions de repas par jour, c'est considérable. Nous en appelons à la responsabilité des parents : prévenez-nous en amont de l'absence de votre enfant !

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