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Proportionnelle : la dose qui ne passe pas à l'UMP

Une proposition de loi de deux députés UMP, visant à instaurer, dès les législatives de juin, une dose de proportionnelle, déclenche l'opposition des députés du groupe à l'Assemblée. 

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Christian Jacob (D), chef de file du groupe UMP à l'Assemblée nationale, et Jean-François Copé (G), secrétaire général de l'UMP, à l'Assemblée nationale le 14 février 2012. (REUTERS)

Une petite dose de proportionnelle pour un gros cafouillage à l'UMP. Le chef de file du groupe UMP à l'Assemblée, Christian Jacob, a déclaré mardi 21 février que les députés de la majorité s'opposaient à la proposition de loi de deux de ses membres. Ce texte vise à instaurer, dès les législatives de juin, une dose de proportionnelle, conformément aux souhaits de Nicolas Sarkozy exprimés dimanche. 

Que dit cette proposition de loi ? 

Concrètement, la proposition de loi portée par les députés UMP Philippe Meunier et Richard Mallié consiste à instiller une dose de proportionnelle, à raison de 40 députés élus selon ce mode : ceux de Paris, Lyon, Marseille et des Français de l'étranger. Soit moins de 10% des 577 élus de la chambre basse. 

Actuellement, le scrutin majoritaire favorise les grands partis. Avec un objectif : garantir une certaine stabilité politique. Le scrutin proportionnel permettrait, lui, aux petites formations d'obtenir un nombre de sièges correspondant davantage au nombre de voix recueillies, donc d'être plus représentées. 

Qu'est-il reproché à cette proposition de loi ? 

L'instillation d'une dose de proportionnelle a été longuement abordée à la réunion du bureau du groupe UMP. Selon des participants, de nombreux élus UMP y ont réaffirmé leur opposition à ce mode de scrutin, notamment Christian Jacob et Jean-François Copé, le secrétaire général du parti.

"C'est une initiative de deux députés. Nous ne sommes pas d'accord," a lancé Christian Jacob à l'issue de la réunion. "Ce n'est pas possible de modifier le scrutin à deux mois de la présidentielle et à trois mois des législatives." 

Face à cette levée de bouclier, le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, interrogé sur cette question par le député PS Bernard Derosier, a tenu à relativiser : "Rassurez-vous, nous ne sommes pas la gauche, et ce n'est pas, comme en 1986, quelques mois avant les législatives, que nous allons modifier la règle. Et les élections qui sont prévues en juin se feront en application des textes actuels."

L'UMP en rupture avec son candidat ? 

Pourtant, le désormais candidat à l'élection présidentielle Nicolas Sarkozy a réitéré dimanche, en meeting à Marseille, sa volonté d'introduire la proportionnelle aux élections législatives. Le président-candidat s'était déjà prononcé en faveur d'une réforme de ce scrutin lors de la campagne de 2007, mais n'y avait donné aucune suite après son élection.

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Christian Jacob a ainsi tenu à justifier l'opposition des députés de la majorité face à une mesure dont le candidat vante les mérites : "Notre candidat Nicolas Sarkozy est soutenu par l'UMP mais ce n'est pas le candidat que de l'UMP. Il parle aux Français. Il y aura des sujets sur lesquels il y aura des divergences [avec l'UMP] et c'est bien naturel". 

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