Nantes : nouvelle flambée de violences après la mort d'un jeune tué lors d'un contrôle de police

Onze personnes ont été interpellées ce jeudi après une nouvelle nuit mouvementée à Nantes, en réaction à la mort d'Aboubacar Fofana, 22 ans, tué lors d'un contrôle de police mardi. 

La bibliothèque associative de la maison des Haubans dans le quartier Malakoff à Nantes en cendres, après les violences urbaines de la nuit du 4 juillet 2018.
La bibliothèque associative de la maison des Haubans dans le quartier Malakoff à Nantes en cendres, après les violences urbaines de la nuit du 4 juillet 2018. (France Bleu Loire Océan)

Onze personnes ont été interpellées après une nouvelle nuit de violences à Nantes, a appris franceinfo jeudi 5 juillet de sources policières. Ces émeutes font suite à la mort d'un jeune homme tué par un policier au cours d'un contrôle dans la nuit du mardi 3 juillet. Cinq bâtiments administratifs de Nantes ont été touchés dans les quartiers du Breil, de Bellevue, de Malakoff et des Dervallières. A Garges-lès-Gonesse (Val d'Oise), d'où était originaire le jeune homme, une interpellation a eu lieu dans la nuit après des jets de projectiles sur des policiers et des micro-incendies.

L'atelier de bricolage des Dervallières et la maison de quartier des Haubans à Malakoff ont notamment été détruits par les flammes, des voitures ont été brûlées et des affrontements ont eu lieu entre des groupes de jeunes et des CRS, rapporte un journaliste de France Bleu Loire Océan présent sur place.

 Des affrontements ont eu lieu cette nuit

L'odeur de brûlé a commencé à se répandre avant la tombée de la nuit, mais la majorité des feux de voitures, de poubelles et de mobilier urbain a été déclenchée après dans le quartier du Breil, tandis que les sirènes de pompiers retentissaient dans les trois quartiers. Des affrontements ont eu lieu cette nuit. Les CRS ont repoussé les groupes de jeunes avec des grenades lacrymogènes.

"On défend notre cause, on défend notre parole, on défend la vérité c'est tout," a expliqué une jeune nantaise à France Bleu Loire Océan. "Pour rétablir le calme, il faudrait que le policier (...) soit puni pour le meurtre. Ce n'est même pas de la légitime défense, c'est un meurtre, c'est tout" ajoute-t-elle.

Un climat très tendu depuis plusieurs jours

Le procureur de la République de Nantes a apporté quelques précisions sur la tension qui règne dans le quartier de Breil depuis plusieurs jours. "La semaine dernière, dans la nuit de jeudi à vendredi, plusieurs individus armés ont mitraillé la façade d'un immeuble de ce quartier. Une jeune fille qui se trouvait dans l'appartement du dessus a été blessée. Il y avait donc dans ce quartier depuis plusieurs jours maintenant un climat particulier", a indiqué Pierre Sennès au cours d'une conférence de presse mercredi 4 juillet.

Le SRPJ de Nantes et l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) ont été saisis. Le procureur de la République de Nantes, Pierre Sénnes, a assuré mercredi qu'il pourrait donner ses premières conclusions aujourd'hui.