Marseille. Deux dentistes accusés d'avoir mutilé les dents saines de patients

Quinze personnes auraient été victimes de ces praticiens, un père et son fils, entre 2008 et 2012.

Quinze patients auraient été victimes de ces hommes, un père et son fils, entre 2008 et 2012, à Marseille.
Quinze patients auraient été victimes de ces hommes, un père et son fils, entre 2008 et 2012, à Marseille. (LAWREN / FLICKR RM / GETTY IMAGES)

FAITS DIVERS – Leurs roulettes soignaient des caries imaginaires. Deux dentistes marseillais, soupçonnés d'avoir provoqué des mutilations ou des infirmités sur des patients aux dents saines et commis une fraude estimée à plusieurs millions d'euros, ont été présentés jeudi 29 novembre à un juge d'instruction, a annoncé le parquet. L'information judiciaire a été ouverte notamment pour violences volontaires ayant entraîné des mutilations ou des infirmités permanentes sur 15 patients entre 2008 et 2012, escroquerie au préjudice des organismes sociaux (CPAM, mutuelles et assurances) et blanchiment, a précisé le procureur de la République, Jacques Dallest.

Le parquet a requis un mandat de dépôt à l'encontre de deux hommes, un père et son fils de 32 ans. Ce dernier, qui exerçait depuis sept ans, recevait jusqu'à 70 patients par jour dans son cabinet installé à Saint-Antoine, dans les quartiers Nord de Marseille, dégageant "entre 1 et 1,2 million d'euros de chiffre d'affaires". Il facturait 28 fois plus de prothèses que la moyenne des cabinets dentaires des Bouches-du-Rhône, en intervenant sur des patients aux dents saines.

"Il imposait des actes inutiles, falsifiait des radios et la codification des actes", a souligné le procureur, évoquant "une clientèle de gens modestes", certains patients étant assujettis à la CMU (Couverture maladie universelle). Selon Jacques Diacono, chef de la Section de recherches de la gendarmerie de Marseille, "sur la base des actes déclarés, il travaillait jusqu'à 52 heures par jour". La Caisse primaire d'assurance-maladie (CPAM) a chiffré le préjudice entre 3,6 millions et 4,7 millions d'euros sur trois ans, des "montants gravissimes", a jugé le procureur, en soulignant "l'absence totale de scrupules des deux dentistes".