Marseille : des triangles jaunes distribués aux SDF font polémique

Le Samu social et la municipalité ont renoncé à lancer ce badge destiné à faciliter l'accès aux soins des sans-abri. Des associations ont estimé qu'il rappellait l'étoile jaune portée par les juifs lors de la seconde guerre mondiale.

Un sans-domicile dans une rue de Marseille (Bouches-du-Rhône), le 7 février 2012.
Un sans-domicile dans une rue de Marseille (Bouches-du-Rhône), le 7 février 2012. ( MAXPPP)

L'intention était louable, mais la réalisation maladroite. A Marseille (Bouches-du-Rhône), la mairie et le Samu social comptaient mettre en place une "carte de secours" pour que les sans-domicile puissent accéder plus facilement aux soins, comme le rapportait France 3 Provences-Alpes à la fin novembre. Sauf que la distribution, à peine entamée, a été brutalement arrêtée, rapportent Le Monde (article payant) et L'Express, mardi 2 décembre.

Cette carte, dont 300 exemplaires ont déjà été délivrés, devait indiquer des informations sur son porteur comme ses allergies ou ses maladies chroniques. Elle devait se porter de manière visible, comme un badge. Surtout, elle comportait un triangle jaune sur un côté.

Mais de nombreuses associations, comme Réseau éducation sans frontières et la Ligue des droits de l'homme, ont relevé la ressemblance entre cette carte et l'étoile jaune que les juifs devaient porter pendant la seconde guerre mondiale. Un collectif nommé Le Jugement dernier, qui regroupe des personnes sans-abri, a appelé à manifester mercredi 3 décembre devant l'hôtel de ville.

"On voulait un logo facilement identifiable par les services de secours", explique au Monde.fr Xavier Méry, adjoint au maire délégué à la solidarité et à la lutte contre l’exclusion. Mais après la polémique, il assure que le Samu social "va rectifier le tir". En effet, l'idée n'est pas abandonnée car selon le directeur du Samu social marseillais, René Giancarli, la carte "est très, très bien perçue" par les sans-abri. Selon lui, "c'est une façon pour eux de dire : 'J'existe, j'ai un nom' (...) et ça, c'est important".