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Marseille. Après la chasse au Roms par des voisins, les politiques se jettent la pierre

Manuel Valls a eu beau appeler à "n'instrumentaliser aucune situation", les responsables politiques s'accusent mutuellement d'être responsables.

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France Télévisions
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Des habitants d'une cité marseillaise ont chassés les Roms d'un campement avant d'y mettre le feu, jeudi 27 septembre 2012. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

ROMS - "Intolérable" ou "compréhensible" ? Les responsables politiques hésitent depuis jeudi 27 septembre, quand des habitants d'une cité de Marseille ont chassé des familles roms installées à proximité et incendié les restes de leur campement. Manuel Valls a eu beau appeler vendredi les "responsables politiques locaux et nationaux" à "n'instrumentaliser aucune situation", sa politique se trouve dans le viseur.

EELV demande une enquête

Eva Joly a dénoncé une "démission de l'Etat" vendredi, avant que son parti ne réclame une enquête. "Il n'est pas tolérable en République qu'un groupe de personnes privées, quel qu'il soit, puisse décider de ses règles et les appliquer en toute autonomie, au mépris des règles élémentaires de la justice et de notre vivre ensemble", a fait valoir EELV, samedi 29 septembre.

"Pour empêcher à toute force que cet acte intolérable ne s'impose comme un dangereux précédent, il revient aux pouvoirs publics de mobiliser avec diligence les moyens nécessaires pour enquêter sur ce qui s'est passé jeudi soir et sanctionner les auteurs de cet acte délictueux", poursuit le parti écologiste. Jusqu'à présent, la seule enquête, menée par la police, porte sur l'origine de l'incendie du camp.

UMP et PS de Marseille "comprennent" l'exaspération

Interrogée sur le geste des riverains du camp, la sénatrice-maire socialiste des 15e et 16e arrondissements de Marseille, Samia Ghali, avait répondu vendredi matin : "Je ne le condamne pas, je ne le cautionne pas, mais je le comprends, quand les pouvoirs publics n'interviennent plus""Quand j'ai appelé la police du quartier, elle m'a répondu que désormais, elle ne pouvait pas intervenir sans autorisation du préfet",a expliqué Samia Ghali dans Le Figaro.fr.  

Le maire de Marseille avait pour sa part déclaré qu'"on ne peut pas laisser se constituer des milices et laisser les gens régler les problèmes d'ordre public, même si on peut comprendre que l'exaspération est totale". "L'exaspération n'excuse rien", avait toutefois aussi affirmé Jean-Claude Gaudin.

Le maire a par ailleurs estimé que la volonté de Samia Ghali de faire intervenir l'armée dans les quartiers difficiles de Marseille, avait jeté de l'huile sur le feu. "Quand une élue de la République se permet de tenir des propos insensés (...), voilà ce qui arrive : les gens se croient eux-mêmes autorisés à régler les problèmes", a déploré Jean-Claude Gaudin.

Les associations dénonce "l'antitsiganisme" des politiques

L'association La voix des Roms a accusé samedi le maire UMP de Marseille Jean-Claude Gaudin et l'élue socialiste des quartiers nord Samia Ghali de partager le même "antitsiganisme". "A l'unisson, vous dites comprendre 'l'exaspération' de ceux qui ont chassé les Roms. Vous voilà dans un antitsiganisme partagé qui dépasse les frontières, déjà floues et parfois superflues de vos partis respectifs", écrit l'association dans une lettre ouverte à Jean-Claude Gaudin et Samia Ghali.

La voix des Roms accuse les deux élus d'"utiliser la même méthode politicienne de basse échelle et populiste". "Vous ne mesurez pas la gravité de vos propos", ajoute-t-elle.

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