Les suicides touchent plus les hommes

A l'occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide, jeudi, une étude révèle que les suicides ont baissé

Un Centre d\'écoute téléphoniques pour personnes en détresse.
Un Centre d'écoute téléphoniques pour personnes en détresse. (© France 2)
A l'occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide, jeudi, une étude révèle que les suicides ont baisséA l'occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide, jeudi, une étude révèle que les suicides ont baissé

10.122 personnes se sont suicidées en France en 2007, contre 10.415 l'année précédente, des chiffres en diminution régulière depuis 1993 (12.251 cas), selon les chiffres de l'Inserm.

L'étude révèle aussi que trois quarts d'entre eux sont commis par des hommes (7.418 hommes contre 2.704 femmes), avec des taux plus élevés chez les personnes âgées.

"La prévention du suicide passe par l'idée qu'il n'y a aucune honte à se sentir malade et se faire soigner, c'est dès qu'on perçoit les premiers signes de dépression qu'il faut les aider", souligne le Dr Michel Debout, président de l'Union nationale pour la prévention du suicide (UNPS), à l'origine de la Journée mondiale de prévention jeudi.

"Les hommes aiment les moyens violents, spectaculaires, alors que les femmes aiment l'idée d'un retrait en douceur de la vie avec un corps serein et ont souvent recours aux médicaments", explique le Dr Debout qui préconise la création d'"un observatoire du suicide , avec des indications sur la condition sociale du suicidé , ses conditions de vie, ses pratiques toxiques".

Selon l'étude communiquée mercredi par la Direction de la recherche des études de l'évaluation et des statistiques (Dress), le moyen privilégié par les hommes reste la pendaison (50% des cas), suivie des armes à feu et des médicaments. Pour les femmes, l'intoxication médicamenteuse vient en tête, suivie de la pendaison, le saut dans le vide et la noyade.

Les données 2006 et 2007 montrent un taux de suicide particulièrement élevé pour les hommes de 45 à 49 ans (41,6% pour 100.000) et les 50 à 54 ans (38,2%).

"C'est cette tranche d'âge qui souffre le plus, qui supporte le plus de pressions, qui est plus déstabilisée face à l'avenir, aux incertitudes de la vie", affirme Françoise Facy, directrice de recherche à l'Inserm, elle aussi favorable à la création d'un observatoire du suicide.

La Dress souligne le rôle des séparations de couples dans les suicides masculins: les veufs "se suicident 5,6 fois plus que les veuves".

Il n'y a pas de lien direct entre chômage et suicide , mais sans travail, sans repère social, le chômeur est exposé au repli, à la dérive dépressive, la tentation du suicide n'est pas loin, estime le Dr Debout.

Une enquête réalisée avec le Secours populaire sur 312 personnes en demande d'aide montre une corrélation entre souffrance psychique et risque suicidaire. Chez l'ensemble des Français majeurs, 21% ont déjà pensé au suicide. Ils sont 50% chez les demandeurs d'aide.